samedi 29 octobre 2016

UN JUGE PAS COMME LES AUTRES …


23 octobre 2016 - 30e dimanche ord. C 

(Luc 18, 9-14) 
           
            Le texte de l’Évangile nous invite aujourd’hui à une sorte de séance en tribunal. C’est Dieu qui préside et qui juge. Mais ce juge a une façon toute à lui de voir les choses qui nous surprend et nous déconcerte. Ce juge n’est pas conduit par nos principes et nos critères. En effet, dans le récit de l’évangile, l’honnête homme qui se présente devant lui, en proclamant son innocence et en plaidant non-coupable, est condamné, alors que le voyou, qui avoue sa faute et plaide coupable, est pleinement acquitté. C’est à ne rien y comprendre. Il y a certainement quelque chose quelque part qui ne fonctionne pas selon les règles établies.

            Ce pharisien fait partie du groupe de ces dix milles hommes pieux qui se distinguaient en Palestine au temps de Jésus par leur foi exemplaire, leur religiosité, leur piété sincère, leur assiduité à la prière et au culte du temple, par leur zèle dans l’observance de la Torah, par leur discipline et leur rigorisme moral, par leurs jeûnes et leurs aumônes. Ce pharisien qui se présente aujourd’hui devant Dieu au Temple est donc ce qu’il y a de plus irréprochable, de plus respectable, admirable et honnête parmi les hommes. Il est, pour ainsi dire, le champion de la probité et de la vertu. Il en est d’ailleurs convaincu et il ne se gêne pas à le proclamer haut et fort à tous ceux qui veulent l’entendre.

            Et puis voilà l’autre type, le publicain. Les publicains étaient des gens qui travaillaient pour des entreprises privées auxquelles l’État romain, qui occupait alors la Palestine, avait confié la désagréable besogne de collecter les taxes et les impôts (une genre de «franchise»). Et puisque ces employés étaient très mal payés par leur employeur, ils compensaient le manque à gagner en fraudant et en exigeant des gens plus que ce qui était convenu pour empocher le surplus qu’ils réussissaient ainsi à soutirer. À la longue leur classe était devenue une véritable organisation criminelle, une espèce de mafia spécialisée dans l’extorsion. Les publicains étaient donc, en grande majorité, des gens sans scrupules et qui n’hésitaient pas à recourir à la menace et à la violence pour arriver à leurs fins. Les gens les haïssaient et les considéraient comme des voleurs et des êtres ignobles qu’il fallait éviter de fréquenter. Dans la mentalité des gens pieux de l’époque, les publicains étaient devenus la personnification même du péché.

            Devant Dieu il y a donc d’un côté l’homme irréprochable, juste, vertueux et saint, si l’on veut et, de l’autre, l’escroc, le tortionnaire et le pécheur. Et voilà que, contre toute vraisemblance, contre tout bon sens, le juge divin dans son jugement tranche en faveur du truand, tandis que le bon et le saint est viré et condamné. L’Évangile nous assure ainsi que ceux qui ressemblent au pharisien de la parabole ne jouiront jamais des préférences et de l’approbation de Dieu.

Que se cache-t-il donc de si épouvantable et de si sinistre sous le comportement innocent et l’attitude vertueuse du pharisien ? Que se cache-t-il de si bon dans le geste affligé et désolé du publicain qui se bat la poitrine et reconnaît ses torts ?

            Analysons de plus près le plaidoyer du pharisien pour voire ce qui cloche. Il saute tout de suite aux yeux que son discours suinte la suffisance, la satisfaction, le sentiment de supériorité. Le pharisien ne parle pas à Dieu, il se parle à lui-même, vantant ses propres mérites, mettant en avant et soulignant continuellement l’importance de sa personne. Remarquez combien de fois ce messieurs dit « Je ». Il est imbu de lui-même. Il pense qu’il n’est pas comme les autres. Les autres sont tous, d’après lui, des voyous et des vauriens. Mais lui est différent. Il est supérieur, il est meilleur. Lui est sur le bon chemin. Il est un modèle de bon comportement. Il est pleinement satisfait de lui-même. Il n’a rien à se reprocher. Il n’a donc pas besoin de changer, de s’améliorer, de se convertir. Puisqu’il est parfait, il est inconvertible, comme tous ceux qui sont convaincus d’être des bons, d'être du côté des élus, du côté de la vertu, de la justice et de la vérité, comme le sont tous les Bush, tous les fanatiques chrétiens ou islamiques qu’ils soient, qui dans leur aveuglement perdent le sens du relatif, de la réserve, de la tolérance et du respect des autres; ainsi que la mesure de leurs limites et de leurs faiblesses.

            Alors qui est le plus dangereux pour la société et pour le monde, celui qui brandit sa supériorité pour s’élever au-dessus des autres, dénigrer, écraser les autres ; ou celui qui s’efface et se dérobe parce qu’il se considère un bon à rien ? Celui qui sonne de la trompette à tout vent pour vanter ses mérites et ses exploits ; ou celui qui n’ose pas se regarder dans le miroir et regrette les  erreurs qu’il a commises ? Celui qui est fier et orgueilleux de ses vertus, ou celui qui éprouve de la honte pour ses vices, ses défaillances, ses défauts ? Celui qui se trouve juste et sans reproche, ou celui qui est capable de reconnaître ses torts et de ressentir du remord et de la peine pour le mal qu’il a causé ? Celui qui se prend pour un « superman » que tous doivent admirer et auquel tous doivent se soumettre, ou celui qui se considère une personne bien ordinaire ?

             S’il est une attitude qui est néfaste pour les relations humaines et qu’il faut éradiquer, n’est-ce pas surtout et avant tout l’attitude de celui qui, se croyant supérieur et meilleur que les autres, pense qu’il a aussi droit à plus que les autres ? Cette attitude si répandue de supériorité, de nombrilisme et d’auto exaltation, … n’est-elle pas à l’origine des calamités dont souffre notre société contemporaine ? Cette attitude ne génère-t-elle pas des individus et donc des entreprises et des sociétés arrogantes, intolérantes, agressives, et prédatrices ? Cette attitude n’est-elle pas à l’origine des tous les fondamentalismes modernes, ainsi que de l’aveuglement, de l’insensibilité des systèmes capitalistes, et des politiques de consommation et d’exploitation sauvage des ressources naturelles, politiques qui sont en train de ruiner l’économie mondiale, l’approvisionnement durable des marchés (pour que tous puissent avoir facilement accès à la nourriture dont ils ont besoin) et la santé de notre Planète ?

            A la fin de cette réflexion, nous sentons-nous encore capables de blâmer la façon dont le Juge de l’évangile exerce sa justice ? Je pense que nous devons plutôt remercier et admirer sa perspicacité et sa sagesse. Il a su déjouer les embûches du mal. Les textes de l’évangile de ce dimanche nous enseignent qu’il n’y a pas de mal plus perfide que celui qui se cache sous l’apparence du bien ; qu’il n’y a pas de démons plus dangereux que celui qui prend l’aspect d’un ange de lumière ; qu’il n’y a pas de traître plus perfide que celui qui cherche à nous apprivoiser par un baiser.

            L’évangile veut finalement nous apprendre que l’arrogance, l’hypocrisie, la duplicité et le fanatisme ne sont jamais payants : à la fin ils devront un jour rendre inévitablement compte devant l’histoire des ravages, des désastres et des souffrances qu’ils ont causés ; et à la fin se confronter à la justice de Dieu. Personne n’y échappe ! La dernière phrase de l’évangile est tout à fait tranchante et catégorique sur ce point : « Quiconque s’élève sera rabaissé et quiconque  s’abaisse sera élevé » .

BM



mercredi 19 octobre 2016

LE JUGE QUI AVAIT PEUR ET LA CLIENTE AGRESSIVE


Dimanche 16 octobre 2016 - 29e dimanche ordinaire C 
(Luc 18,1-8)


             Jésus qui aime inventer de petites histoires pour faire passer son message, nous présente aujourd’hui ces deux personnages colorés du juge et de la veuve. Du juge il dit  simplement qu’il "ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes"; ce qui ne constitue pas une très bonne publicité pour le bureau de cet homme de loi .  La veuve, elle, est une femme déterminée, de caractère.  Comme toutes les veuves de l'époque, elle est sans appui, sans protecteur et sans ressources et, en plus, opposée à un adversaire qui lui cause du trouble: mais elle ne lâche pas prise; elle réclamer avec insistance son droit.  Elle menace même le juge, au point qui celui-ci en a peur et finit par lui rendre justice.

Pour Jésus ces deux personnages symbolisent les rapports ou les relations entre Dieu et nous. Ici le juge n’a pas de vraies relations ; il n’a pas d’interlocuteur. Il se parle à lui-même dans un monologue uniquement centré sur lui et sur sa tranquillité. C’est un homme égoïste et égocentrique. La femme, au contraire, est dans la relation. Relation conflictuelle avec son adversaire, qui peut éventuellement aller jusqu'au coup de poing à la figure, relation de plainte face au juge, relation très forte avec sa famille et ses enfants qu’elle cherche sans doute à sauver de la famine. Une femme de dialogue qui prend sa vie en mains et qui sait ce qu'elle veut.
Pour Jésus il semble donc que ce soit la «relation» le mot clé qui constitue l’essence de la prière. Luc remarque, en effet, que Jésus raconta cette parabole "pour montrer qu'il faut toujours prier sans se décourager" - prier pour demander, suggère l'histoire.
             Prier, c'est donc entrer en relation. C’est établir une relation qui nous change. Nous le savons d'expérience : vivre une relation avec autrui nous transforme. Pensons par exemple à la vie partagée avec un homme ou une femme, à l'amour pour nos enfants. Et aussi plus simplement à nos contacts avec les autres dans l'amitié, la proximité, le soin, le partage. Ces relations nous affectent et nous transforment nécessairement. Et l'autre aussi est transformé par la rencontre et le contact. Comme le juge qui tout à coup devient agissant et, qui sait ? peut-être un peu moins sourd. Faut-il aller jusqu'à dire que Dieu est transformé par notre prière ? Oui, sans doute ! Notre foi juive et chrétienne nous dit que Dieu a fait alliance avec le peuple des hommes. Et une alliance suppose des compromis de part et d'autre. Dieu est engagé dans une histoire avec nous, il a des histoires avec nous. Prier, crier vers Dieu, lui ressasser nos demandes, lui redire encore et encore nos besoins et notre désir de vivre, ne le laisse pas indifférent. Rappelons-nous la parabole lue il y a quelques semaines, celle dite "du père et de ses deux fils". Comme le père voyant revenir son fils, Dieu est pris de pitié, littéralement ému aux entrailles. Quand nous le supplions et l'appelons à l'aide, Dieu se découvre Père, nous le faisons être Père.
            Mais attention : pas de miracle à attendre, pas d'intervention directe de Dieu en nos vies et dans l'histoire humaine. Après Newton, Voltaire et Descartes il n'y a plus de miracles, au sens traditionnel du terme, qui se produisent ! Mais si nous sommes persévérants dans notre relation avec Dieu; si nous sommes des personnes de foi et de prière, comme le souhaite Jésus, nous pouvons prendre conscience en regardant en arrière que notre vie a été illuminée, transformée  Nous découvrons qu'elle a un sens, une direction et que cela n'est pas dû à nos seuls efforts, à nos mérites, mais que ce sens nous a été donné par  notre relation avec Dieu et par la certitude que Dieu nous aime et nous veut. Nous découvrons que la relation à Dieu nous a rendu plus spirituel, moins matérialistes, nous a soulevé, nous a davantage intériorisé et, par le fait même, a fait de nous de meilleures personnes. La prière en nous ouvrant à Dieu, nous a rendus aussi inévitablement plus sensibles et disponibles aux besoins de nos frères humains, plus attentifs et respectueux de la nature, de la mère-terre qui nous a générés et de laquelle dépend entièrement notre existence.
            Dans la relation à Dieu réalisée par l'attitude priante et émerveillée de notre vie face au Mystère qui nous enveloppe et qui nous porte, nous retrouvons la partie meilleure de nous-mêmes, celle de l'enfant innocent que nous sommes dans les profondeurs de notre être qui porte en lui l'image de Dieu.
            Nous savons cependant que toute relation est compliquée et exigeante. Il en est de même de notre relation avec Dieu. C'est une expérience qui demande persévérance et parfois violence sur nous-mêmes pour résister à tout ce qui nous tire vers le bas, vers le laisser-aller. Résister à l’irréligiosité, au matérialisme, à indifférence, au scepticisme qui sont des formes de manque de relation et de confiance en Dieu. Résister au silence de Dieu.
Jésus a vécu personnellement une relation difficile et éprouvante avec Dieu. Il a cependant toujours eu confiance en Lui. Il a toujours accepté ce qu’il croyait être sa volonté et cela malgré la montée constante dans sa vie de l’incompréhension et de l’hostilité qui ont eu le dessus et l’ont conduit à l’échec total de la croix. Cependant, même sur la croix, lorsqu’il s’est senti abandonné des hommes et de Dieu, Jésus a persévéré dans la confiance en abandonnant son âme entre le mains de Dieu.
Croire en une Présence Amoureuse qui nous englobe et se laisser toujours emporter en toute confiance par la vague de cet Amour qui transporte et soutient l’Univers, voilà les conditions essentielles pour que la fleur de la prière apparaisse dans le  champ de  notre vie.



BM

IL GIUDICE CHE NON VOLEVA GIUDICARE


29e dom.ord.C 2016

(Luca 18,1-8)

Nel vangelo di questa domenica Gesù ci parla di preghiera. E vuole farci capire che cosa significa per lui pregare. Il testo del vangelo sembra volerci dire che la preghiera non è una impresa facile e che chi vuole intraprendere l’esperienza della preghiera rischia di andar incontro a un sacco di delusioni se non ha un’idea esatta du che cosa significa pregare. Colui che prega è uno che cerca di mettersi in contatto con Dio in un mondo dove Dio sembra essere assente. Colui che prega è uno che cerca di accedere alla sorgente della bontà, dell’amore, della compassione e della misericordia, in un mondo immerso nella cattiveria, nell’odio, nella violenza e nell’egoismo; colui che prega è come un incarcerato che cerca di raggiugere la luce dal buio della sua prigione.
Colui che prega, ci dice Gesù è continuamente confrontato allo scoraggiamento e alla delusione perché Dio sembra irragiungibile, perché Dio rimane quasi sempre muto, perché Dio non dà mai alcun segno della sua presenza. Per cui colui che prega, dice Gesù, deve farlo con fede, cioè con testardaggine, con insistenza; non deve scoraggiarsi se non viene subito ascoltato, deve credere che alla fine Dio finirà per farsi vivo se quanto gli è stato chiesto serve veramente alla costruzione di un mondo migliore e al bene autentico di colui che prega. La vedova della parabola sa che non le sarà facile attraversare il muro dell’indifferenza e della cattiveria di quel giudice dal quale tuttavia ella attende quella buona azione che le restituirà il suo diritto e la sua serenità. Ed è la sua insistenza e la sua perseveranza a credere nella bontà di quell’uomo, malgrado tutte le apparenze contrarie, che le procureranno alla fine l’esaudimento della sua preghiera
Gesù oggi sembra volerci avvertire che è normale aver l’impressione che a volte Dio non ci ascolti ; che Dio si lasci desiderare; che Dio tardi a prendersi cura di noi. Dio non è sempre a nostra disposizione quando noi lo vogliamo o quando noi ne abbiamo bisogno. Gesù sembra volerci rendere coscienti del fatto che Dio ci appare quasi sempre assente, sordo alla nostra preghiera, indifferente e ai nostri problemi bisogni e che è normale sentirsi soli e abbandonati.
Dio è Dio, ci dice Gesù. Dio è infinitamente libero e indipendente e nessuno può pensare di utilizzarlo e di sfruttarlo come e quando gli fa comodo. Ciò vale per le persone e per le istituzioni. Nessuna religione e nessun autorità religiosa può pretendere di possedere il potere di costringere Dio a fare ciò che essa vuole o di piegarlo a soddisfare le esigenze delle sue dottrine, del suo culto e dei suoi riti. Dio non si può manipolare. Quante volte noi, come Chiesa o come uomini di Chiesa, osiamo dire a Dio :”Ho bisogno che tu intervenga, ho bisogno che tu faccia questo miracolo; ho bisogno che tu conceda la tua grazia; ho bisogno che tu cancelli questi peccati ... perchè io sono il papa, perchè io sono il vescovo, perchè io come sacerdote ho il potere di esigerlo; perchè io come celebrante ho pronunciato le parole della consacrazione; perché io confessore ho dato l’assoluzione; perchè noi come cristiani abbiamo ricevevuto i sacramenti per cui tu, o Dio, sei obbligato a comunicarci la tua grazia, il tuo perdono, la tua presenza e la salvezza eterna.
Gesù ci insegna che se Dio è indipendente e se sembra essere assente dalle vicende della nostra esistenza e indifferente al nostro destino, in realtà però le cose non sono così. Infatti se la nostra fede in Dio è sincera e autentica; se la nostra fede assomiglia alla fede di Gesù nella sollecitudine e nella bontà di un Dio che egli si ostina a considerare come un padre attento e premuroso, allora capiremo anche che l’assenza di Dio e la sua apparente indifferenza nei nostri riguardi non sono altro che la forma d’un amore estremamente rispettoso della nostra dignità e della nostra libertà; e che l’accesso alla stanza della sua presenza Dio deve essere aperto con la chiave della fedeltà, della perseveranza e dell’insistenza e della fede. Perchè la fede è anche questo: Credere contro ogni attesa, contro ogni evidenza.... credere anche anche quando niente sembra essere credibile.
Attraverso al parabola di oggi, Gesù ci dice :”Anche nel buio, continua a guardare davanti a te. Tieni sempre gli occhi aperti. Vedrai che alla fine luce apparirà. Non disperare mai. Conserva sempre accesa la fiaccola della speranza . Dio che è al principio della tua esistenza, sarà anche il Dio che ti coglierà al suo termine. Anche se hai sempre camminato nel buio; anche se hai sempre preagato invano; anche se hai sempre camminato da solo; anche se non hai mai sentito Dio sostenere i tuoi passi durante il faticoso viaggio della tua esistenza, puoi essere certo che quando arriverai al suo termine non preciperai nel vuoto, ma tra le braccia di un Essere d’amore che ti era sempre stato accanto durate tutta la tua vita “

BM



vendredi 14 octobre 2016

LA FOI DE JÉSUS ET LA FOI DE L'ÉGLISE


Dimanche 2 octobre 2016 - 27e dimanche ordinaire C

(Luc 17,5-10)

            Le concept de «foi » occupe une place privilégiée dans le discours de Jésus de Nazareth. Sa signification est assez complexe, mais sur la bouche du Maître ce terme sert fondamentalement à indiquer toutes ces réactions intérieures qui surviennent au niveau du cœur, lorsqu’on est épris d’une personne qui nous paraît unique et extraordinaire et qui soudainement influence le cours de notre vie. Dans les évangiles le mot «foi» sert donc à décrire avant tout l'émerveillement de l’individu devant la qualité humaine de la personne de Jésus de Nazareth et l’attrait et le ravissement qu’il ressent envers lui. Le mot «foi» signifie aussi la disposition du disciple à avoir une confiance totale dans les contenus innovateurs de la parole de son Maître, ainsi que dans les valeurs qu’elle propose. Finalement la foi indique l’attitude qui pousse le disciple à vivre son existence en conformité avec, le projet, les convictions, les principes et le style de vie du Nazaréen, afin de les incarner dans la société et le monde.

            Nous savons que le rêve de Jésus, consistait à vouloir construire un monde plus humain, dans lequel les relations entre les hommes n’étaient plus régies par les règles du pouvoir, de l’oppression, de l’exploitation et de la violence, mais par les attitudes plus humaines du service, du partage, du respect, de l’égalité, de la fraternité, en en mot, par les forces de l’amour. Or cet Amour, qui pour Jésus constitue la substance ou l’essence de la nature de Dieu, le Nazaréen voulait qu’il devienne le principe inspirateur de toute action et de tout engagement humain dans le monde, afin d’instaurer ce qu’il appelait le «Royaume de Dieu» sur terre. Dans la mise en ouvre et dans la diffusion universelle des forces de l’amour, Jésus voyait le secret d’une progression et d’un perfectionnement toujours plus grandissants de la race humaine. Pour dire cela en langage moderne: pour Jésus la capacité humaine d’aimer est la seule force capable de faire évoluer positivement notre monde vers un accomplissement toujours plus parfait, le pétrissant de la substance de Dieu.

            Cela signifie alors que pour Jésus avoir la foi équivaut à se laisser conduire par les mêmes dynamiques qui sont à l’origine de l’agir de Dieu dans l’Univers et qui, par la foi, se manifestent et agissent dans l’humain comme des «énergies aimables» faites de bonté, de compassion, de bienveillance, de tendresse, de respect, de soin, de partage, et d’amour. Pour Jésus ce sont les personnes qui, comme lui, sont mues par ces attitudes «amoureuses» celles qui ont la foi et qui agissent en véritables enfants de Dieu.

            Voilà pourquoi Jésus dira à propos du centurion romain qui lui a demandé de venir guérir son esclave mourant: «Je n’ai jamais trouvé autant de foi en Israël!». La foi à laquelle Jésus fait allusion, c’est ici l’empressement tendre et affectueux de ce soldat païen qui se préoccupe de la santé de celui qui n’était que son esclave, mais qu’il aimait comme s‘il était son enfant.

            Voilà aussi pourquoi chaque fois que Jésus, dans un geste de compassion et de tendresse, se penche sur l’infirmité, la souffrance et la détresse humaines, il demande toujours et d’abord à ses bénéficiaires d’«avoir la foi», c’est-à dire, d’intérioriser son geste de pitié et de bonté pour en faire autant.

            Voilà pourquoi dans ce texte de l’évangile de Luc (17,5-10) les disciples demandent à Jésus d’augmenter leur foi. En regardant agir leur Maître, ils se rendent compte, d’une part, combien ils sont encore loin d’adhérer à son message et, de l’autre, combien ils sont encore loin d’intérioriser ses sentiments et de vivre son style de vie, totalement donné au service amoureux de Dieu et des frères humains.

            Et Jésus de leur dire que s’ils étaient juste un peu plus réceptifs à son enseignement; s’ils avaient juste un peu plus d’amour, s’ils étaient juste un peu moins centrés sur eux même et un peu plus ouverts et attentifs aux autres, ils pourraient faire bouger des montagnes, accomplir des merveilles autour d’eux. Car un peu plus d’amour dans le cœur de chaque personne peut faire toute la différence entre un monde vivable et un monde invivable. Un peu plus d’amour dans le cœur de chacun peut constituer une force immense de transformation et de renouveau capable de balayer une grande partie des malheurs et des injustices de la face de terre. Juste une petite graine de plus de cette «foi», annonce Jésus - et les disciples auraient à leur disposition la force de Dieu qui change le monde.

            Malheureusement, il faut admettre que l’enseignement religieux que nous avons reçu à l'église au cours de notre éducation chrétienne (catéchisme, prédication...) nous a inculqué une toute autre notion de la «foi». Si pour Jésus la foi consistait dans les gestes désintéressés de l’amour qui se déploie sans réserve au service des autres (surtout s‘ils sont faibles, pauvres et vulnérables); si dans les Évangiles la foi était synonyme de choix, de liberté, de courage, d’engagement, de volonté de calquer sa propre vie sur celle du Maître; si pour Jésus la foi était surtout une question de cœur et de passion,... pour l’enseignement catholique, la foi est devenue un aride exercice intellectuel qui doit amener le croyant à accepter, sans discuter et sans douter, toute une série d’affirmations doctrinales et dogmatiques que le magistère officiel déclare inspirées par Dieu et par conséquent nécessaires et obligatoires au salut.

            De toute évidence, cette foi que j’appellerai «ecclésiale», est loin d’être une foi qui transforme la vie de la personne et qui améliore la qualité du monde, grâce à la mise en ouvre des valeurs que Jésus nous a laissées. Cette foi ecclésiale est constituée d’un système de formules abstraites, comparable à un «mot de passe» que le chrétien doit mémoriser et garder toujours à l’esprit pour pouvoir entrer dans le programme catholique où il aura accès à tout ce dont il aura besoin pour bâtir sa «justice» et sa sainteté et pour se sentir en paix avec sa conscience, avec son Église et avec son Dieu.

            Ce genre de foi est donc essentiellement un phénomène cérébral qui peut exister dans l’esprit d’une personne sans affecter moindrement ni son cœur, ni son comportement quotidien, ni la situation du monde extérieur autour de lui. C’est une foi qui sert uniquement de décoration et de signe d’identification d’un membre au sein d’un système religieux dans lequel le seul avantage que le membre en retire est la bonne conscience d’appartenir à une communauté d’élus, dans laquelle il trouve tous les moyens de son salut et la garantie d’avoir accès à la plénitude et à la «splendeur» de la vérité (Pape Jean-Paul II).

            Selon cette foi ecclésiale, ce qui sauve le chrétien ce n'est pas son adhésion à l’enseignement de Jésus, mais son adhésion à l’enseignement de l’Église. D'après cette foi, même si le monde est ravagé par la cupidité humaine; même si les relations entre les peuples et les nations sombrent dans le chaos de l’injustice, de l’intolérance, de la haine et de la violence, cette foi ecclésiale permet aux chrétiens de rester les bras croisés et de vaquer tranquillement à leurs petites affaires, pourvu qu’ils soient des croyants soumis à l’autorité du pape et qu’ils gardent inébranlable leur foi dans les dogmes du péché originel, de la Sainte Trinité, de l’Incarnation de Dieu, de l'immaculée virginité de Marie et de son assomption corporelle au ciel, de la transsubstantiation et de l’infaillibilité du Pape...

            Le texte de Luc qui est proposé ici à notre considération nous interpelle sérieusement sur la nature et la qualité de notre foi.
Je pense qu’il est facile de comprendre qu’en tant que disciples de Jésus, nous devons nous laisser modeler par ses valeurs et avoir foi en la possibilité de nous changer et de changer le monde en vertu des forces de l’amour. Car une foi qui ne rend pas plus humains les croyants et qui ne transforme pas le monde est une foi complètement inutile.

            Lorsqu’on regarde la foi que l’Église exige de ses fidèles, on se rend compte que cette foi, étant une attitude exclusivement intellectuelle, est aussi un phénomène totalement stérile, entraînant même souvent des conséquences néfastes. En effet, cette foi peut exister sans avoir aucun impact sur les options fondamentales de la personne, sur son comportement et sur la situation du monde. Par exemple, l’adhésion indiscutable de Charles Magne à tous les articles de foi formulés dans le Credo de Nicée-Constantinople ne l’a pas retenu, au nom de cette même foi, de faire tranquillement décapiter, en l’année 782 à Verden, quatre mille cinq cent Saxons en une seule journée.
Semblablement, la foi du pape Alexandre II dans les affirmations dogmatiques de ce même Credo ne l’a pas empêché, en 1063, d’écrire à l’archevêque de Narbonne que ce n’était pas un péché que de verser le sang des infidèles ou de prendre part à une guerre utile aux intérêts de l’Église et que de telles actions étaient même louables et méritoires comme l’aumône et le pèlerinage.

            Je pense que les chrétiens modernes doivent relativiser beaucoup la nécessité d’adhérer à cette foi «ecclésiale» exigée par les autorités relieuses et dont le condensé indigeste continue à être proposé dans les différentes formulations du «Credo» proclamé à chaque eucharistie dominicale.
Je pense que de nos jours les chrétiens doivent plutôt se laisser conduire par la réaction amoureuse et émerveillée que la rencontre avec la personne et la parole de Jésus de Nazareth a suscité dans leur cœur. Cela fera d’eux des chrétiens plus vrais, plus libres, plus indépendants, plus critiques, plus adultes et, certainement, plus engagés à faire passer l’esprit d’amour du Maître de Nazareth dans le concret de leur vie et dans le monde dans lequel ils opèrent.

            Je pense que, fondamentalement, la foi est le produit de deux amours qui se cherchaient et qui, en se rencontrant, éclatent en mille feux pour embraser et bouleverser, changer la vie des amants à tout jamais. Lorsque, dans l‘amour, on peut dire d’une personne qu’elle a toute notre confiance ou que notre foi en elle est totale, cela signifie que cette personne est devenue vraiment importante pour nous. Cela signifie qu’elle occupe un grande place dans notre cœur; qu’elle fait partie désormais de notre vie et qu’elle la marque à tout jamais par la fascination qui se dégage de sa seule présence.

            Le Maître de Nazareth à exercé ce genre d’attraction sur les personnes qui l'ont fréquenté. J’aime penser que c’est sans doute à cause de cela que la foi et la confiance que ses disciples avaient en lui les a radicalement transformés en des individus nouveaux, capables de déplacer des montagnes.

Quant à nous, les nouveaux disciples du XXIe siècle, qu’en est-il de notre foi ?

Bruno Mori




SONO VENUTO A PORTARE IL FUOCO SULLA TERRA


20 dom. ord. C 2016

Il vangelo di oggi ci presenta un Gesù deciso, che vuole che prendiamo una posizione chiara. In un'altra parte del vangelo Gesù dirà: "Chi non è con me è contro di me" (Mt 12,30). Bisogna schierarsi: pro o contro Gesù

La prima immagine è il fuoco: "Sono venuto a portare il fuoco sulla terra".
Il fuoco ha un significato molto ampio: luce, calore, trasformazione, purificazione. Il fuoco è fiamma, energia di vita, desiderio di vita, voglia di vivere: quanto è meraviglioso stare di fronte ad un fuoco acceso di notte! E' il fuoco che ciascuno sente dentro.

Il fuoco è passione. Gesù porta il fuoco sulla terra. Gesù fu un uomo di fuoco e di passione ! Non si poteva passargli vicino e rimanergli indifferente: o lo si amava o lo si odiava. O lo si accoglieva o lo si rifiutava. O si era con lui o si era contro di lui. O diveniva l'amore della tua vita o il tuo peggior nemico. O ti cambiava la vita e te la rovesciava come "un calzino" o ti infastidiva e ti irritava da ucciderlo.

Passione viene dal greco pathos, "sentire". Passione vuol dire sentire le cose, sentire le persone, sentire la vita, entrare in ogni cosa e lasciarsi toccare e farsi toccare. Passione è fuoco. Passione è sentire. Il contrario è superficialità, anestesia, sonno, insensibilità.

Dobbiamo chiedere perdono ai nostri figli se noi adulti spegniamo il fuoco che hanno dentro. Perché insegniamo loro ad essere accomodanti piuttosto che a prendere una posizione magari controcorrente; che è meglio stare nel gruppo che da soli; che è meglio andare piano e sano piuttosto che osare; che è meglio non "avere troppi grilli" per la testa per il futuro; che a sognare non ne vale la pena e che è meglio accontentarsi per non essere delusi poi; che il mondo va così e che non ci si può fare niente; che non è il caso di fidarsi e di lasciarsi andare perché si rischia di prendere una "sventola" tremenda, ecc.
Così i nostri figli arrivano a vent'anni e noi (non loro) abbiamo già spento il loro fuoco. Li abbiamo addomesticati, li abbiamo conformati, li abbiamo resi innocui, li abbiamo adattati al sistema; saranno dei bravi "operai", eseguiranno, crederanno di guidare l'auto della loro vita e invece saranno su di un treno che altri dirigono. Li avremo allevati, li avremo educati: li avremo uccisi!

Dove sono gli uomini che si indignano per ciò che la globalizzazione produce? Dove sono gli uomini che si mettono in gioco, che lottano per cambiare il sistema politico? Dove sono gli uomini in prima linea? Dov'è l'uomo che lotta per la giustizia? Dov'è finito l'ardore di un uomo, il suo coraggio, la sua energia interna? Dov'è il fuoco che arde della coerenza ai valori, della solidarietà, del bene comune, della giustizia per tutti?

Poi Gesù continua: "Pensate che io sia venuto a portare la pace sulla terra? No, ma la divisione!". Uno dei grandi desideri delle persone è: "Stare in pace". Ma cosa vuol dire? "Stare in pace" vorrebbe dire non alzare la voce, tacere se si è in disaccordo, non tirare fuori problemi e questioni, avere sempre un tono tranquillo, dimesso, composto. "Sta' in pace!" viene detto a volte ai giovani. Cioè: "Fa' tacere le idee nuove; quello che senti tu non ci interessa; lascia perdere questi sogni, questi ideali; non lasciarti andare all'entusiasmo". Ma è pace questa? Questo è "piattume", fine di ogni slancio, guerra alla vita, morte di Dio, massificazione.

La donna che sente che il proprio cuore è imprigionato in un rapporto monotono, apatico, dove il sentimento d'amore non fluisce, dove tutto è scontato, banale, solito e lui dice: "A me va bene così, sei tu che hai un problema!", che deve fare? Se segue il proprio cuore crea divisione. Meglio questa pace?
La donna che ad un certo momento capisce di essersi sposata con un uomo non per amore ma solo per scappare da casa; per cui non ne è innamorata, non lo è mai stata, gli è andata bene così (se l'è fatta andare bene così), hanno anche due figli, ma adesso lei sente che non può lasciar languire il proprio cuore e imprigionarlo solo per dovere, che fa? Tutti, tra l'altro, li ritengono una bella coppia e li ammirano. Si segue il proprio cuore, la Vita che pulsa dentro o ci si adegua? E se si tira fuori il problema, non è una bomba per tutti? Meglio la pace, questo genere di pace?

Dentro di noi si è cristallizzata l'idea che seguire il Signore voglia dire essere buoni, mansueti, dolci e sorridenti. Nel passato si è santificato l'uomo che sopportava tutto, che si annullava per gli altri, l'uomo che neppure diceva una parola ma in silenzio sopportava tutte le angherie con ubbidienza e umiltà.

Ma basta guardare il vangelo. La vita di Gesù non fu così. Non fu una vita di pace, come la intendiamo noi. La sua vita fu segnata dall'inizio alla fine dal conflitto, dalla lotta, dal contrasto e dalla divisione.

Giuseppe era già in conflitto con sé e con Maria prima ancora che Gesù nascesse: "Ma vuoi dirmi che tu sei incinta per opera dello Spirito Santo? Ma non scherziamo!"
Gesù fu in conflitto con la sua famiglia fin dall'inizio. Un giorno, a dodici anni, a Gerusalemme, disse chiaramente ai suoi genitori: "Non impicciatevi, non intromettetevi con la mia vita perché io devo fare le cose del Padre mio" (Lc 2,41-50). Con i suoi parenti andò addirittura peggio perché un giorno tentarono di prenderlo poiché dicevano: "E' pazzo da legare, dobbiamo fare qualcosa, dobbiamo intervenire e prenderlo. Questo ci scredita tutti" (Mc 3,21).
Dovunque andava e dovunque passava qualcuno tentava di ucciderlo, di calunniarlo o di metterlo alla prova per ciò che diceva e per ciò che faceva. Sacerdoti e politici non lo potevano sopportare, lo odiavano a morte. Morì di morte violenta, assassinato sulla croce e fu grande liberazione per molti. Più che una vita di pace (come la intendiamo noi: assenza di conflitti e contrasti) fu una vita di guerra.

Diventare discepoli del Maestro vuol dire seguire il suo richiamo nel nostro cuore: vuol dire diventare se stessi, realizzare ciò che Lui ha messo come germe, seme, nel nostro profondo. Lo sappiamo già: ci sarà da lottare, ci saranno conflitti, non sarà né semplice né facile.


(Marco Pedron, adattata da Bruno Mori)

vendredi 7 octobre 2016

Bulletin paroissial du dimanche 9 octobre 2016

Attività parrocchiali     -       Activités paroissiales

1.Sabato 15 ottobre, ore 19.00: concerto corale nella chiesa organizzato dai Petits Chanterus du Mont-Royal  con due cori invitati dalla Danimarca  Siete tutti invitati! 
 Samedi 15 octobre à 19h00 : concert vocale dans notre église  organisé par les Petits Chanteurs du Mont-Royal avec la participation de deux chorales invitées du Danemark  Tous invités!
Inscriptions au cours  de catéchèse  (Première Communion et Confirmation)
 Se présenter  les dimanches  16 et  et 23 Octobre, après la messes de 11h00 ( vers midi) dans la salle  Ste Catherine de Sienne – Coût  du cours : $ 75 par élève .
Pour plus d'informations,  contacter   Viviane  au  514 482 9651 


LA TUA  FEDE TI HA SALVATO

Gesù disse  al lebbroso guarrito:: "Alzati e va'; la tua fede ti ha salvato"" (Lc 17,18-19). Cos'è allora questa fede? La fede è riconoscere il dono di Dio.
Dio ti fa un dono: l'amore e la vita (il dono di Dio è per tutti). La fede è la tua risposta al dono d'amore. Per questo Dio non può fare nulla per la tua fede. Non è che Lui te ne può dare tanta o poca. O ce l'hai o non ce l'hai. Magari ce l'hai vacillante, flebile, tremolante, ma ce l'hai. Perché la fede è la risposta dell'uomo ad un incontro, ad un'esperienza. Qui tutti e dieci erano stati guariti e avevano incontrato Gesù. Ma solamente uno, e per di più il più eretico per i religiosi, si è lasciato toccare e coinvolgere. La fede, quindi, è l'accoglienza del dono di Dio. Ma non c'è fede senza esperienza. La fede, quindi, è qualcosa che cambia la tua vita: il samaritano cambia strada, torna indietro e, lui che non crede in Dio, non fa altro che lodarlo e ringraziarlo. Fa cioè cose che prima mai aveva fatto.
Questa è la fede: quando hai incontrato Lui non sei più lo stesso e non lo sarai mai più. Per questo la gente piuttosto ama digiunare e fustigarsi in tanti modi ma non fare esperienza di Dio (fede). Perché Lui non lascia indifferenti.
La fede è  sentirsi amati gratuitamente, quindi importanti, quindi essere qui per uno scopo. Non pensarlo: sentirlo. E' tutta un'altra cosa: la differenza tra il pensare ad un buon gelato e il mangiarlo! La fede è permettere che quest'amore (Dio) ci entri dentro, ci coinvolga, ci cambi e ci trasformi (conversione). La paura (degli altri, di sbagliare, ecc.) se ne va perché siamo radicati in Lui. La fede è rispondere gioiosamente e andare noi per la nostra missione. Dio ti ama; la fede è la tua risposta.
Ecco le tre parole chiavi della fede: sentirsi amati, trasformarsi, andare noi in prima persona. (Marco Pedron)
 Les dix n'ont-ils pas été guéris? » (Luc 17,11-19)
Jésus savait très bien que les dix avaient été guéris. Il s'étonne seulement du fait qu'un seul prenne la peine de revenir en arrière pour remercier son bienfaiteur. Les autres ont sûrement le même sentiment de reconnaissance, mais pour le moment la chose la plus importante pour eux est de retrouver un statut social qu'ils avaient perdu à cause de leur situation. « Allez-vous montrer au prêtre. » avait dit Jésus. Ils n'ont fait qu'obéir à son invitation. Ils ont bien fait. C'est le dixième qui a mal fait. Il n'a pas agi selon les normes. Au lieu d'obéir à l'ordre de Jésus, au moment de constater sa guérison, il ne pense qu'à une chose, non pas de la faire authentifier, non pas de réintégrer le statut de citoyen à part entière, mais bien de retourner vers son sauveur, retourner vers celui qui l'a guéri, pour lui dire merci. Pour lui, le retour à la vie normale se fera bien assez vite.  Pour lui, le monde ne pourra que constater sa guérison. Un jour il passera par les règles à respecter, il le faut. Mais pour le moment ce qui est le plus important pour lui, c'est de dire « MERCI ».
La question aujourd'hui se pose de la même façon. « Tout le monde n'a-t-il donc pas reçu en héritage la vie éternelle? »
Comment se fait-il qu'il n'y ait que ce petit groupe d'originaux pour venir dire merci? Tous jouissent de la vie. Tous paient leur quote-part à la société dans laquelle ils vivent. Tous tentent de respecter les règles de cette vie en société. La plupart prend plus ou moins conscience  que cette vie est plus que ce que nous voyons et touchons, mais combien osent explorer au-delà de ce qui est visible. Combien prennent la peine de prendre conscience du don reçu et en ayant pris conscience de dire « MERCI ». Indépendamment de ce qui m'arrive. Indépendamment de ce que je vis. Indépendamment de toutes circonstances. Chaque être humain devant le constat de ce qu'il est et de ce qu'il est appelé à devenir, devrait avoir une seule pensée, un seul désir, un seul mouvement. Revenir continuellement en arrière pour s'écrier devant celui qui l'a fait ainsi: « MERCI ».

(Jean Jacques Mireault, prêtre)