dimanche 10 septembre 2017

Feuillet paroissial 10 septembre 2017

Il  Perdono
Nel cuore dell'uomo alberga la falsa idea di un Dio che punisce, che giudica, che controlla.
Gesù è venuto a liberarci da questa immagine demoniaca di Dio raccontandoci il volto di un Padre che desidera fortemente il perdono.
Perdono che è dono gratuito, possibilità offerta, occasione di rinascita. E il discepolo condivide questo perdono. Perdono che, nella miope prospettiva odierna, è visto come una debolezza. Quanto è difficile perdonare! Ci vuole del tempo, una forte fede, una profonda conversione per perdonare chi mi ha fatto del male! Quanto, in televisione, vedo un giornalista (idiota) che si avvicina al famigliare di una vittima chiedendo se perdona l'assassino del figlio mi sento salire la rabbia: è una cosa seria il perdono! Ci vuole tempo e pazienza per costruirlo, non è un'emozione buonista, ma una adulta scelta sanguinante!  È possibile perdonare, dice il Vangelo. E Matteo, oggi, dice come si gestisce il perdono all'interno della comunità.(P. Curtaz)
Suivre le Christ, c'est dur
Jésus a fait des miracles éclatants, et donné des enseignements sur lesquels à peu près tous étaient d’accord. On accueille bien celui qui est en harmonie avec nos idées. Mais à partir d’aujourd’hui, Jésus amorce toute la question de la souffrance dans la vie, les renoncements à faire, les croix à porter... On se rebelle comme fait Pierre: « Cela ne t’arrivera pas ». La réplique donnée par Jésus n’est pas verbale. Lui-même mourra sur la croix et « va venir avec ses anges dans la gloire du Père ». Dans l’épreuve, la source de notre courage, c’est le Christ. Et le chemin qu’il a pris vers la résurrection.  Dieu ne nous appelle pas à nous épanouir (c’est-à-dire à écarter les contrariétés et les défis), mais à nous dépasser (c’est-à-dire à surmonter les contrariétés et les défis) et c’est quand on réussit à se dépasser qu’on parvient vraiment à s’épanouir. Qu’il en demeure ainsi pour chacun de nous. » (FecteauBaril)  
Vendita di Bibbie in italiano  
Abbiamo ricevuto dalla Conferenza dei preti italiani di Montreal dieci Bibbie, (ed. 2016), in italiano. Esse sono i vendita al prezzo di $30 l’una . Rivolgersi in segreteria.
Vente de Bibles en italien  :
Nous avons reçu de la part de la Conférence des prêtres italiens de Montréal, dix Bibles, (éd. 2016) , en  langue italienne. Elles se vendent au prix de $ 30.00 chaque exemplaire. S’adresser au secrétariat
 BBQ del 10 settembre
I biglietti sono in vendita al prezzo di  $15 per gli adulti e di $10 per i bambini di meno di dieci anni. Si comincerà a servire dopo la messa delle ore 11. La vendita dei biglietti termina il 5 settembre. Al menu: bistecca, salsicce italiane, insalata e ‘blé d’Inde’. Venite numerosi: vi aspettiamo!
BBQ du 10 Septembre :
Les billets sont en vente au prix de $ 15.00 pour adultes, et $ 10.00 pour enfants de moins de dix ans. Nous débuterons le service après la messe de 11h00. La vente des billets se termine le 5 septembre. Au menu : steak, saucisses italiennes, salades, et blé d’Inde. Venez en grand nombre : Nous vous attendons!
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LEGION  DE MARIE

Fête des Auxiliares de la Légion de Marie.  Adoration devant le Saint Sacrement, église Sainte-Catherine-de-Sienne.  Dimanche 17 septembre, 14h00 - 15h00.  Un léger goûter suivra.  Tous les paroissiens sont cordialement invités.  Festa delle Ausiliari della Legione di Maria.  Adorazione davanti al Santissimo Sacramento, chiesa Santa Caterina da Siena.  Domenica 17 settembre, ore 14.00 - 15.00.  Dopo ci sarà un piccolo rinfresco.  Tutti i parrocchiani sono cordialmente invitati.
Messes du 10 au 17 septembre  2017




Dimanche      10 Septembre -  23e dimanche du temps ordinaire  
09h30              Giuseppe Palumbi, dalla moglie Ersilia; Sisto Palucci, dalla moglie Rosa; Antonio Sandonato, da Eva e Salvatore;Vito Leonardo Mossa ,dalla moglie Carla Piccinnini.
11h00             Aux intentions des paroissiens

Lundi              11 Septembre-  Temps Ordinaire
8h30                Querino e Vincenza Ciampini, dal fratello Sestilio Castelli.

Mardi              12  Septembre – Temps Ordinaire
8h30               Pour le repos de l’âme de Mr. Bui Q Trach, de Marianne Pham.

Mercredi         13 Septembre: St Jean Chrisostome
8h30                Pour le repos de l’âme de Rita Farrales , de Marianne Pham.

Jeudi             14 Septembre – La Crroix glorieurse 
8h30               Francesca Poliziani, dal figlio Mario.
                       
Vendredi        15 Septembre   - Notre-Dame des Douleurs    
8h30               Blandine Fournier , off. fun.

Dimanche      17 Septembre -  24e dimanche du temps ordinaire  
09h30              Giuseppe e Filomena Pedicelli, dalla sorella; Gina Arcangeli, da Italia; Giovanna e Domenico Santini, dalla figlia; Francesco Palucci, dalla nuora Rosa; Dora Masella, dal marito; Daniela e Gina Buono, da Dora Ciocca; Cesare Agnessi ,da Pasquina;  tutti i defunti di Virgilio e Lucia; tutti i  defunti famiglia  Del Bosco Valerio; tutti i defunti  famiglia  Pietro Vittori, dalla figlia.

11h00             Gaston Sauvageau, de la famille Max Martin ;

Quête de dimanche dernier : $ 910

Grazie mille!   Merci !

mercredi 6 septembre 2017

A quoi sert gagner le monde entier si on y perd son âme ?



(Mt 16, 21-27- 22e dim. Ord. A)

Ce matin nous allons arrêter notre réflexion sur cette phrase de l’évangile: «Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie, la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage en effet un homme aurait-il à gagner le monde entier, s’il le paye de sa vie …? ».
 Jésus a-t-il raison de nous parler d’une façon aussi négative ? Renoncer à soi-même, renoncer à sauver sa vie, prendre sa croix…. N’apparaît-il pas ici comme un rabat-joie, comme le fondateur d’une religion et d’une spiritualité du sacrifice et de la souffrance ? L’église n’a-t-elle pas alors raison de faire de la souffrance et de la privation (détachement) le thermomètre de la sainteté?

Je pense, au contraire, que, si ces paroles de Jésus sont bien comprises, elles peuvent nous révéler le secret d’une véritable réussite de notre existence.

On dirait que pour l’Homme de Nazareth apprendre à renoncer et à se détacher soit la seule façon humaine et la seule possibilité que nous avons d’accomplir pleinement notre existence. Lorsqu’on y regarde de près, on se rend compte, en effet, qu’il y a deux forces ou deux principes qui agissent dans notre vie : le principe du plaisir et le principe de la réalité. Le principe du plaisir tend à satisfaire tous nos besoins, pour avoir tout le plaisir possible. Le principe de la réalité ou du réalisme doit tenir compte du fait que, dans la vie, il n’est pas possible d’avoir tout ce que l’on désire et qu’il y a donc des limites à notre plaisir.

Au stade oral de notre vie (lorsque nous étions bébés) notre vie était dominée par le principe du plaisir : nous pleurions et voilà maman qui venait pour nous donner son beau sein. Nous avions un problème et voilà que maman ou papa accouraient pour le résoudre. Ensuite nous avons grandi et nous avons commencé à comprendre que maman et papa avaient, eux-aussi, des besoins et des exigences et qu’ils ne pouvaient pas toujours être là, à notre disposition.

Avec le temps, nous avons compris que nous n’étions pas le centre du monde, que nous n’étions pas seuls au monde, qu’il y avait d’autres personnes et que nous devions partager le monde avec elles. Cela est très agréable, mais cela nous obligeait aussi à accepter des renoncements, des privations et à admettre des limites. Je dois renoncer à tout converger vers moi, car les autres aussi ont droit à leur part. C’est en acceptant cela que nous avons grandi. Nous avons grandi, parce que nous avons accepté la réalité. Et la réalité nous dit : tu n’es pas tout, tu ne peux pas tout avoir. Tu n’es pas seul au monde, tu es en relation nécessaire avec les autres et tu dépends aussi des autres ; tu dois penser aussi aux autres ; tu dois donc partager ; tu ne peux pas tout avoir, tout rafler ; tu dois donc en laisser aussi pour les autres, te limiter, te priver, renoncer.

Il y a des gens qui, en ce sens, n’ont jamais grandi et qui sont restés au stade oral de leur enfance. Il y a des gens qui pensent qu’ils peuvent être heureux en consommant le plus possible, en satisfaisant des besoins fictifs et artificiels, en accumulant des jouets et des choses et en possédant des personnes : mon argent, ma maison, mon chalet, mon entreprise, mon auto, mes gadgets… Ma femme, ma blonde ; elle est à moi; elle est là pour moi, pour me seconder, pour être à ma disposition, à mon service, pour me donner du plaisir. Mon enfant; je le couve, je le gâte, je le suffoque avec mon affection et mes attentions; je transfères sur lui tous mes désirs, mes rêves inaccomplis; je veux qu’il soit ce que je n’ai pas pu être; je lui dicte la route à suivre; je le rends dépendant de moi, je ne veux pas qu’il vive sa vie à sa façon, mais à la mienne; je ne veux pas qu’il se réalise selon ses goûts, mais selon les miens, je ne veux pas renoncer à lui, admettre qu’il soit différent… Je veux l’infantiliser le plus longtemps possible…

Mais vivre réellement en humain c’est grandir, mûrir, c’est accepter la réalité et donc apprendre à vivre avec les autres, à respecter les besoins, à laisser de la place pour les autres, à partager avec les autres. C’est donc apprendre à contrôler et à délimiter nos besoins, pour que les autres puissent aussi satisfaire les leurs. C’est pour cela que grandir est pénible, difficile, douloureux, souffrant. Pour vivre ta vie dans la réalité, tu dois renoncer à la vivre seulement en fonction de toi ; seulement à cette condition tu réussiras à bâtir une vie non pas à l’enseigne d’un égoïsme mesquin, avilissant et, finalement, appauvrissant, mais à bâtir une vie enrichie d’une qualité d’ouverture, de don de toi et de soins pour les autres, qui ne pourra que te faire grandir en humanité et accomplir magnifiquement ton existence. Ou comme disait Jésus, qui perd, gagne.

 La réalité nous apprend notre finitude, nos limites ; elle nous apprend la distance, la séparation, le renoncement ; elle nous apprend la souffrance ; elle nous apprend l’humilité de n’être qu’une pièce dans la grande mosaïque de la création ; qu’une note dans la grande symphonie du cosmos. La réalité nous apprend notre fragilité ; elle nous confronte avec le caractère éphémère et non nécessaire de notre existence, elle nous apprend que c’est de la folie et de la pure stupidité de notre part que de nous croire en droit d’avoir plus que les autres, de consommer plus que les autres et d’être plus rassasiés et plus heureux que les autres. La réalité nous apprend l’obligation de la limite, de la mesure et de la sobriété ; la nécessité du souci, du soin, du respect, du partage avec le monde qui nous entoure si nous voulons vivre une vie qui soit à l’enseigne d’une véritable humanité.

Nous devons être nous-mêmes et renoncer à être autre chose: voilà ce que Jésus cherche à nous dire. En effet, si nous sommes nous-mêmes, nous serons tels que Dieu nous a créés, tels que Dieu veut que nous soyons ; nous serons en conformité avec sa volonté. En effet, nous avertit Jésus, à quoi sert à l’homme vouloir être tout, tout avoir et tout expérimenter, ne renoncer à rien, s’il ne réussit pas à vivre la destinée qui lui est propre, c’est-à-dire le rôle qui correspond à la vérité de son être ? S’il ne réussit pas à apprivoiser ses failles et ses limites et à porter paisiblement la croix de sa finitude et de sa vulnérabilité ? S’il vit en contradiction avec la réalité de sa condition humaine ? Si tout le tracas avec lequel il cherche à gagner le monde n’est que l’expression ou la réaction de son angoisse qui refuse de s’accepter comme la créature fragile et transitoire qu’il est et qui tient sa valeur et son salut uniquement de sa capacité à s’abandonner dans la confiance entre les mains de Dieu?

Pour dire cela avec le mot de Jésus: « À a quoi sert à l’homme gagner le monde entier, s‘il y perd son âme? ». Cet évangile nous dit finalement : «Ta croix, c’est l’acceptation de ton existence que dans ta foi tu reçois des mains de Dieu. Vis-la en plénitude, dans la reconnaissance et la joie. Elle se chargera de te conduire sur les chemins du renoncement, du dépouillement et du sacrifice qui seront à la mesure du don de toi et de l’amour avec lesquels tu chercheras à la vivre à l’ombre de ta foi en Dieu».  



BM

NON SI PUÒ AMARE SENZA SOFFRIRE


(Mt. 16,21-27)

(22°  domenica  A)

Ricordiamo tutti il vangelo di domenica scorsa dove Pietro lasciandosi guidare dallo Spirito ha riconosciuto Gesù come Figlio di Dio. Ma c'è una seconda parte al vangelo di domenica scorsa, quella meno poetica e piuttosto sconcertante proposta dal vangelo d’oggi. Gesù, per la prima volta, parla apertamente ai suoi discepoli dell’insuccesso della sua missione, della sofferenza e della croce e Pietro interviene, prende da parte Gesù: “Meglio non fare questo discorso, scoraggia il morale e poi Dio ti preservi dalla sofferenza, Rabbi”  Pietro vuol insegnare a Dio come deve salvare il mondo. La reazione di Gesù è durissima: “Tu ragioni come la gente del mondo, non sei ancora discepolo, il tuo parlare è demoniaco”

Sì, Pietro proprio ci assomiglia, e tanto.  Anche noi reagiamo come lui davanti alla disgrazia e al dolore. Anche noi non vogliamo sentire parlare di sofferenza, di prova, di dolore e di morte. Anche noi siamo angosciati e spaventati davanti al pensiero di essere abbandonati, incompresi, di perdere la salute, di soffrire, di morire. Noi tutti vorremmo sfuggire al nostro destino e alla nostra condizione d’esseri fragili, deboli e provvisori. Anche noi facciamo di tutto per non pensare che un giorno la sofferenza,che viene immancabilmente  con il deperimento della vecchiaia e della malattia, ci raggiungerà inevitabilmente.

Senza parlare poi della sofferenza che proviamo per il solo fatto che amiamo e che abbiamo tessuto dei legami di affetto, d’’intimità e di amicizia con le persone. Perchè non si può amare senza soffrire; perché il solo fatto di volere bene ad una persona ci rende vulnerabili. Perché quando si ama ci si preoccupa, si è in ansia, non si ha pace. Perché quando si ama veramente si è pronti a sacrificarsi, a dimenticarsi, a soffrire e anche a morire per proteggere e salvare la persona amata. Ecco perchè non si può vivere senza soffrire; ecco perchè la sofferenza fa parte della vita.


Gesù ci insegna qui che è l’amore che dà senso e valore alla nostra vita e non c’è amore senza dono di se, senza  sacrificio, dono di sé, impegno verso l’altro senza rinincia, abnegazione, sacrificio.  Dobbiamo essere capaci di pensare meno a noi stessi, di perdere un po’ di noi, unpo della nostre vita  rinunciare a soddisfare tutti i nostri capricci e desideri, pensare di piu agli altri, per per  vivere pienamente.  Ecco perché Gesù dice : “Se qualcuno vuol venire dietro a me rinneghi se stesso; perché chi vorrà salvare la propria vita, la perderà; ma chi perderà la propria vita per causa mia, la troverà".

Gesù rimprovera  Pietro di non aver ancora capito questa grande verità  Non si può sempre evitare la sofferenza, perchè chi vuoi sopprimere  tutta la sofferenza  come vogliono fare i buddisti, rischia di sopprimere anche  la potenza e la bellezza dell’amore nella vita di una persona

Gesù ci dice non soltanto che la vita ha un senso, ma ci avverte anche che la vita ha una direzione. La nostra barca è in viaggio verso la sponda dell’eternità, il porto di Dio. Attenzione allora a puntare nella buona direzione! Attenzione a non appesantire la nostra imbarcazione con un carico inutile che rischierebbe di affondarla. Gesù ci dice che l’amore, il dono di noi stessi agli altri, la preoccupazione di costruire un mondo migliore, più sano, più giusto, più fraterno, più pacifico, sono l’unica merce  che dobbiamo trasportare, l’unica merce di valore che sarà apprezzata e pagata quando passeremo sull’altra sponda della vita, quando ci presenteremo alla dogana di Dio.  L’amore per i fratelli è l’unico modo che abbiamo di amare  Dio qui in terra e di realizzare la parte migliore di noi stessi che il vangelo chiama  la nostra “anima”.  

Tutto il resto è relativo e secondario: "Qual vantaggio infatti avrà l'uomo se guadagnerà il mondo intero, e poi perderà la propria anima? O che cosa l'uomo potrà dare in cambio della propria anima?". Non c'è radicalismo ed esclusivismo più chiaro di questo. Sant'Agostino diceva: "Che serve vivere bene, se non ci è concesso di vivere sempre?".



BM


lundi 4 septembre 2017

JÉSUS ET LA CANANEÉNNE



( 20e dim. ord. A – Mt, 15,21-28)


            Les évangiles sont des documents religieux écrits pour l’instruction, la formation et l’approfondissement de la foi des premières générations chrétiennes. Ce texte de Mathieu veut donc nous transmettre un enseignement. La croyance qu’il suppose chez les protagonistes de cette anecdote est celle de tout bon juif du temps de Jésus convaincu de faire partie d’un peuple choisi par Dieu, un peuple « phare pour les nations », à travers lequel Dieu aurait un jour apporté la lumière et le salut à tous les peuples de la terre.

            La conviction d’être l’objet d’un plan et d’une élection divine s’était formée pendant le temps de l’exile des juifs à Babylone et s’était développée après leur retour en Judée (550-538 av. J.-C.). Cette croyance a constitué le centre de l’annonce des prophètes du temps de l’exile (Jérémie, Ézéchiel).

             Jésus aussi, qui se situait dans la ligne de la prédication des grands prophètes a partagé cette foi. Comme les prophètes anciens, le Nazaréen pensait que Dieu est un Dieu universel et un Dieu libérateur, qui règne sur tous et qui prend soin de tous et veut ramener tout le monde dans son bercail. Il est donc un Dieu dont la bonté et l’amour englobent tous les humains, sans différences. Il fait pleuvoir et resplendir son soleil sur les juifs et les païens, sur les bons et mauvais. Jésus cependant, pensait que c’était seulement en faisant partie du nouveau peuple des croyants, en entrant dans le « Royaume de Dieu » qu’il aurait instauré et en partageant ses principes, ses valeurs et son esprit, que les hommes auraient pu atteindre leurs accomplissements humains et leur salut.

            Ainsi, voyons-nous Jésus s’occuper et se préoccuper en premier lieu du salut de ses compatriotes juifs. On ne connaît que deux cas où il a porté secours à des païens, et chaque fois avec une certaine réticence. A ses disciples il a également recommandé de ne pas aller prêcher en dehors des frontières d’Israël (Mt.10, 5-23), car il leur disait-il qu’il avait été envoyé avant tout aux brebis égarées de la maison d’Israël.

            Cette péricope est un document de la lutte menée par le christianisme primitif pour surmonter le particularisme du salut (réservé d’abord aux juifs), par un universalisme qui ne mettait pas en cause le rang d’Israël, mais qui le relativisait, en faisant appel à la miséricorde et à la grâce divine, telles qu’elles s’étaient manifestées dans la vie de Jésus. Tout comme Marc 7,14-23 faisait sauter la barrière entre le pur et l’impur, ce passage de Mathieu la fait sauter entre le juif et le païen.

            Pour illustrer et faire comprendre aux chrétiens de leur temps que le phénomène Jésus a miné les bases de ce régime ancien d’élection et a marqué la fin de toute croyance en un absurde favoritisme ou partialité en Dieu, voilà que les évangélistes construisent cette histoire de la femme cananéenne. Dans ce compte, ils s’imaginent un Jésus fatigué, épuisé après une longue période d’activité missionnaire consacrée aux rencontres, à la prédication, au soin et à la guérison des malades.

Ce Jésus, pour s’éloigner des foules qui le suivent et l’accaparent continuellement, décide de prendre un temps de vacances à l’étranger, en dehors de son pays, en compagnie de ses disciples, dans un endroit où il est moins connu, car habité par des gens d’une autre culture et d’une autre religion qui ne viendront pas le harceler. Il pourra ainsi profiter d’un temps de répit, de repos, de tranquillité, de silence, d’agréable convivialité avec des personnes qu’il aime, loin du brouhaha des villes et des foules …
L’évangile de Marc nous rapporte par deux fois comment Jésus laissa tout un village pour s’éloigner de la foule (Mc,3,9;6,32). Jésus, dont nous sommes habitués à penser qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait, nous rappelle ainsi que nous sommes des humains avec des limites que nous avons le droit de faire valoir.

            J’aime beaucoup ce Jésus qui sait reconnaître ses limites. Qui sait dire non. Qui trace des frontières à son action et à ses interventions. Qui ne prétend pas être le sauveur du monde. Qui réalise qu’il ne peut pas soulager toutes les souffrances de l’humanité. Qui pose donc des freins et établit des haltes à son désir de faire le bien. Et cela certainement pas par fanatisme, nationalisme ou par paresse ; mais parce, dans la foulée de la pensée des patriarches et des prophètes, il se disait qu’il devait bien y avoir un lieu sur terre où il serait possible de vivre de façon vraiment humaine. Or comment atteindre ce but, si on s’éparpille.

J’aime ce Jésus qui a besoin de ces moments où il peut vivre que pour soi-même, à l’écoute de son cœur, de ses attraits, de ses aspirations et de ses pulsions profondes.

J’aime ce Jésus qui veut retrouver sa totale humanité, avec les sentiments et les sensations qui s’y rattachent.

J’aime ce Jésus capable de faire le vide de tout ce qu’il possède en lui, de mettre de côté ses croyances, ses convictions , ses projets, ses stratégies, ses appartenances et ses conditionnements religieux et idéologiques et ses devoirs, pour suivre les élans de son cœur; pour se faire sensible aux appels de la tendresse ; pour se faire vulnérable aux cris de la détresse et aux larmes d’une mère; pour ne retenir que l’essentiel de ce qui constitue la vérité profonde de son être: un amour reçu et donné comme grâce et miséricorde accordées à tous sans limites et sans conditions.

            Ici encore, en cette terre étrangère de Tyr et de Sidon, la misère et la souffrance humaines, qui sont internationales et qui ne connaissent et n’autorisent aucune frontière, rattrapent Jésus et viennent secouer, sans égards, son repos, en faisant appel, non pas à la qualité de sa religiosité, mais à la qualité de son humanité.

            Ce récit veut ainsi nous faire comprendre qu’il faut être disposé à faire tomber toutes nos postures personnelles et toutes nos convictions religieuses, si celles-ci nous empêchent de soulager la souffrance d’une personne. Car agir humainement est plus important qu’agir religieusement ; car l’amour et la miséricorde des humains sont les seules forces « divines » capables de sauver le monde.

            Le thème central dont traite cet évangile concerne donc la nature de notre mission chrétienne. Comme les disciples de Jésus, nous sommes envoyés guérir les malades et chasser les démons. Si, pour ce faire, nous ne réussissons pas à nous débarrasser de nos préjugés religieux ou culturels pour accepter l’autre dans son besoin, pour nous ouvrir à l’être humain qui, dans son malheur, ne nous demande rien d‘autre que de « guérir »; si nous voulons d’abord vérifier son orthodoxie, l’authenticité de son appartenance religieuse ; si nous nous obstinons à exiger d’abord de lui la pratique de la bonne morale catholique, nous ne ferons que barrer le chemin de celui-ci vers sa pleine réalisation humaine. Qui sommes-nous pour dicter à une personne les chemins de sa libération intérieure et de son authentique bonheur ? Aucun discours théologique ou moral ne saurait aider une femme qui souffre de voir son enfant enfoncé dans une situation d’enfer.

            Cet évangile nous avertit qu’il faut toujours garantir la victoire de la miséricorde face à la misère humaine, en dépit de barrières religieuses et idéologiques qui peuvent la contraster.


BM


lundi 14 août 2017

Feuillet paroissial 13 août 2017

Attività parrocchiali     -       Activités paroissiales
1. Il contributo generoso della  decima e di ogni domenica sono indispensabili  per il mantenere in vita la  vostra parrocchia.Siate generosi!

1. Votre Dîme et la contribution régulière du dimanche sont indispensables pour continuer à faire vivre votre paroisse. Soyez généreux!


Sono io, non temete!
Il vangelo di oggi vuole renderci coscienti che il viaggio della vita non è una gita di svago o una passeggiata di piacere. Incontremo inevitabilmente vento e burrasca, pericoli ed insidie. Ognuno di noi lo sa per esperienza. Ognuno di noi sa per esperienza che cosa significhi la paura, la preoccupazione, l’incertezza, lo coraggiamento, l’angoscia, la sensazione di colare a picco, di non aver scampo. Il vangelo di oggi vuole aprirci gli occhi sulla realtà della vita, affinchè prendiamo i provvedimenti e le misure necessarie per non lasciarci inghiottire dalle onde e arrivare così a buon porto. Il vangelo vuole metterci in guardia perché, quando il vento si alzerà e gli elementi sembreranno infuriati e scatenati contro di noi, non ci lasciamo prendere dal panico e dalla disperazione. Il vangelo vuole dirci che, anche in mezzo alle prove più difficili, c’è sempre una via di scampo, una porta aperta, una via d’uscita, una mano tesa per a chi sa attendere, per chi sa sperare, per chi non perde fiducia; in una parola, per chi, nonostante tutto, continua ad aver fede.  
Il Vangelo ci annuncia che colui che sa credere e sperare, vedrà un giorno la presenza di Dio concretizzarsi inaspettatamente accanto a lui. Qualcuno verrà, camminando sulle acque tumultuose della sua vita, e riporterà la luce, la calma e la pace. Il vangelo ci dice che se a volte noi abbiamo la sensazione di affondare è perchè la notra fede è debole. Sulle acque tumultuose della vita, noi affondiamo allorchè la fede e la fiducia in Dio incominciano a vacillare Chi invece, nei monenti difficili, troverà la forza di alzare le braccia verso l’alto in un gesto di fiducia, d’abbandono, di preghiera e di speranza , avrà la sorpresa di sentirsi afferrato (dalla mano di Dio) e riportato a galla. (BM)

IL SE RENDIT À L’ÉCART POUR PRIER
L’évangile présente Jésus qui après avoir atteint ici (après la multiplication des pains) l’apogée de sa popularité et son moment de gloire, congédie ses apôtres, renvoie la foule et se retire en un endroit solitaire pour prier. Dans les évangiles Jésus cherche souvent la solitude. Autant il aime être avec les gens, autant il aime  être seul.  On dirait qu’il veut nous convier à la solitude. Mais pas n’importe laquelle. Il y a des solitudes qui sont le résultat de l’isolement, de l’incapacité à entrer en relation, à se dire, à s’ouvrir aux autres. Il y a des solitudes qui sont la conséquence d’un caractère difficile, egocentrique, narcissique, typique de celui que se croit le centre de l’univers et que tout le monde évite…Il y des solitudes forcées, celles de la personne handicapée, malade, âgée, différente …
Mais il y a des solitudes qui nous enrichissent ; ce sont elles que nous nous offrons pour nous arrêter, nous reposer, lire, nous instruire, réfléchir, faire le point, prier; celles que nous utilisons pour  nous connaitre davantage  et pour découvrir la valeur de notre place en cet univers. Ces solitudes nous construisent, parce qu’elles nous permettent de mieux nous connaitre en tant  que personnes et  de donner de la profondeur à notre humanité et sans lesquelles nous risquons de vivre toute notre vie dans la banalité et la superficialité.

Il y a énormément de gens qui ne sont pas capables de rester seuls (Tv, PC, auriculaires, IPhone, jeux informatiques, musique, bruits…). Être capables d’être seuls et de rester seul c’est certainement le signe d’un cheminement parcouru, d’une maturité atteinte et d’un perfectionnement intérieur accomplis. Cela manifeste que l’on a exorcisé nos démons intérieurs ;  que l’on a accepté  nos fractures,  nos faiblesses et nos fautes; que l’on a dépassé  nos peurs, nos angoisses, nos anxiétés;  que l’on a atteint un certain  équilibre;  qu’on est en paix avec nous-mêmes; capables de s’accepter tel que l’on est, en faisant  confiance  à la vie , aux autres, à Dieu... et à nous-mêmes. La recherche de la solitude a toujours été une caractéristique fondamentale du christianisme. Dès les débuts de son histoire le christianisme a vu surgir un peu partout des mouvements spirituels qui poussaient les chrétiens en quête de perfection à la trouver dans la solitude.  (BM)


jeudi 10 août 2017

RÉFLEXIONS À OCCASION DE LA FÊTE DE LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR

(Matthieu, 17, 1-9)

Jésus de Nazareth a opéré une véritable révolution dans la pensée religieuse de l’humanité : il a rendu «profane» toute religion, pour rendre «sacrée» toute personne.
Étymologiquement le mot « sacré » indique tout ce qui est soustrait à l’usage commun, ce qui a été « séparé » du monde profane, exclu du monde des hommes, pour être placé du côté du monde des dieux. Le sacré concerne donc principalement les religions qui ont à faire avec Dieu. Habituellement les religions ont placé le concept de  «sacré» dans les instruments qu’elles utilisent pour établir des relations avec la divinité. Ainsi considèrent-elles comme sacrés les temples, les cathédrales, les églises, les cloches, les objets du culte, comme les habits, l’autel, le calice, le tabernacle, les livres saints (la Bible), les images saintes, le crucifix, les statues, les reliques, certaines catégories de personnes consacrées (prêtres, évêques, papes , moines, religieux, et religieuses). En d’autres mots, la religion a sacralisé de choses, des gestes et des fonctions, dans lesquels elle croit détecter la capacité de rendre présent le pouvoir et l’action de Dieu dans notre monde et qu’elle considéré alors comme des intermédiaires valables pour aider les simples mortels à se mettre en relation avec la divinité.
Cependant, lorsque nous lisons les évangiles et que nous réfléchissons sur la façon de penser et d’agir de Jésus de Nazareth, nous avons la surprise de constater que, non seulement cette « sacralisation » si chère aux religions n’a aucun sens pour lui, mais qu’il l’a combattue de toutes ses forces, en la disqualifiant toutes les fois qu’il en a eu l’occasion. Ainsi Jésus n’as jamais eu ni d’attachement ni de vénération spéciale  pour le Temple de Jérusalem et le culte et les sacrifices qui s’y pratiquaient. Ce Temple, considéré pourtant comme le lieu unique de la présence de Dieu parmi son peuple, s’est  désormais transformé en repère de voleurs, qui n’a aucune valeur et qui est superflu pour établir une vraie relation avec Dieu (Jn 4, 21-24). La splendeur, la majesté, la grandeur effrontées de cette construction ne sont, pour Jésus, que le signe sans avenir de l’orgueil et de la mégalomanie humaines. Ce temple est donc provocant et inutile. Un jour il sera détruit et réduit à un amas de ruines (Mc.13,1-3).
Comme si cela ne suffisait pas, nous constatons que dans les évangiles, les représentants officiels de la religion et du sacré, les scribes, les pharisiens, les prêtres et les grands-prêtres, etc., sont toujours présentés comme des classes hostiles à Jésus, comme ses accusateurs et les responsables de sa condamnation et de sa mort. De sorte qu’il est vrai de dire que Jésus a été tué parce qu’il a disqualifié et nié l’importance et la «sacralité » du Temple et de la religion comme moyens de sanctification, de justice et de salut.
 En d’autres mots, Jésus a été éliminé pour avoir soutenu que la rencontre avec Dieu ne se fait plus à travers les architectures fastueuses, les institutions religieuses, leurs rites, leurs sacrifices, leurs lois, leurs observances, leurs prêtres consacrés et ordonnés. Jésus a donné et perdu sa vie pour avoir cru et enseigné que Dieu est présent, non pas dans les choses et les fonctions, mais dans les personnes; pour avoir annoncé que le seul temple où Dieu habite avec toute sa splendeur et sa gloire, c’est le cœur de l’homme[i]. Cette conviction du Nazaréen se situe non seulement au centre de toute sa prédication, mais elle constitue la nouveauté la plus révolutionnaire de son message, qui bouleverse de fond en comble autant notre idée de Dieu que notre idée de l’homme.
La révolution que Jésus a accomplie consiste dans le fait d’avoir sorti Dieu, le sacré et le merveilleux de la religion, pour les placer dans l’être humain et dans le monde qu’il habite. D’après Jésus, c‘est l’être humain qui est sacré, qui est merveilleux et qui est le lieu privilégié de la présence et de l’action de l’esprit de Dieu dans le monde.  Jésus nous a révélé ainsi que le seul lieu où nous pouvons véritablement rencontrer son Dieu et nous mettre en relation avec Lui, c’est dans le frère humain, surtout dans celui qui a le plus besoin de notre attention et de notre amour. Au point que tout ce que nous faisons à un être humain, nous le faisons à Dieu lui-même. Et cela toujours, sans aucune exception. Même dans le délinquant, renfermé dans une prison, Dieu est présent : « J’étais en prison et vous êtes venus me visiter…».
C’est l’étonnante nouveauté de cette révélation qui a impressionné les premiers disciples de Jésus et qui a été à l’origine du grand succès du mouvement chrétien parmi les gens simples, pauvres et opprimés, au cours des trois premiers siècles.
Dans les évangiles on retrouve les traces et les échos de cette forte impression que le passage et le message de Jésus ont suscitée parmi ceux et celles qui l’ont écouté et suivi. Les disciples de Jésus qui nous ont laissé les quatre récits évangéliques nous partagent les conclusions auxquelles ils sont arrivés, après avoir réfléchi sur la vie et l’enseignement de leur Maître. Ils sont unanimes à nous dire que, si tout être humain de bonne volonté est un « fils de Dieu », Jésus l’a été plus que tous. S’il est vrai que, selon l’enseignement du Maître, Dieu est présent dans chaque être humain, Dieu a dû être présent d’une façon toute spéciale en ce «fils de l’homme», dans la vie, l’activité et l’esprit duquel ils avaient pu constater les fruits extraordinaires d’humanité, de bonté et d’amour produits par cette divine présence.
C’est pour cette raison que les évangiles présentent Jésus comme un homme imprégné de Dieu, habité par Dieu, uni à Dieu, qui ne fait qu’une seule chose avec Dieu, qui est comme le fils chéri d’un Père qui met en ce fils «tout son amour et sa complaisance». A travers cet homme, Dieu se manifeste, parle, fait comprendre ses attitudes et ses sentiments, transmet sa volonté. Les évangiles, en nous racontant la vie et en mettant en relief l’extraordinaire qualité humaine de ce «fils de Dieu», totalement «fils de l’homme», nous indiquent quelle sorte d’humains nous devons être, à notre tour, et quelle qualité d’humanité nous devons réaliser dans notre existence pour être, comme Jésus, les porteurs exemplaires et le lieu privilégié de la présence de Dieu dans notre monde.
Les évangiles, qui sont des ouvrages catéchétiques, pour expliquer et illustrer aux chrétiens de leurs époque que Jésus a été un chef d’œuvre d’humanité, un homme rempli de Dieu, un miroir particulièrement perfectionné pour rayonner son amour et réfléchir sa présence et son action dans notre monde, ont créé le scenario particulièrement merveilleux et impressionnant de la «transfiguration», une mise en scène composée d’éléments tirés des théophanies de l’A.T. et dans laquelle Jésus est montré comme totalement illuminé et transformé dans son humanité par le Dieu qui l’habite.
Nous assistons ici au même procédé littéraire que nous rencontrons dans les récits de la naissance et de l’enfance de Jésus, débordants d’éléments surnaturels, miraculeux  et fantastiques, mais qui n’ont, eux aussi, d’autre but que de faire comprendre et d’illustrer le fait que, si dans l’Univers, le «divin» (donc Dieu) se verse et agit partout, c’est surtout dans ce qu’il y a de plus « humain » au monde qu’il se manifeste avec plus d’évidence : un bébé, un enfant, c’est-à-dire un être établi dans des conditions de fragilité, de vulnérabilité, de pauvreté et de dépendance totales.
De tout cela nous devons en déduire que nous, les chrétiens, ne devons pas  chercher dans les évangiles comment nous diviniser (nous sommes déjà tous et à l’avance porteurs de la présence divine en ce monde), mais comment nous humaniser. Nous devons comprendre que le christianisme n’est pas une religion qui cherche principalement à rapprocher l’homme de Dieu, mais un mouvement spirituel qui cherche à rapprocher l’homme de l’homme, pour l’humaniser toujours davantage par le moyen de l’amour, en l’aidant à se libérer de ses pulsions déshumanisantes et destructrices de sa véritable identité.

BM




[i] Cfr. aussi 1Cor. 3,16-17; 1Cor. 6,19

TRASFIGURATI AL CONTATTO DI GESÙ



(Mt. 17, 1-9)

In questo racconto della trasfigurazione, Gesù è presentato come un nuovo Mosè: sulla montagna riceve la rivelazione di Dio; è l’amico di Dio, parla con Dio, riceve le confidenze di Dio, ci rivela la volontà di Dio; dal contatto con Dio, la sua vita è trasformata ed illuminata; diventa creatura di Dio, figlio di Dio in un modo eminente e superiore; riverbera la luce di Dio intorno a lui.

Al seguito di Gesù ed illuminati dalla sua Parola noi diventiamo luminosi. Avete mai notato le sguardo tetro e spento, i tratti duri, tesi ed incavati di certe persone che vivono solo per sè e per i soldi? Ci sono persone che non emanano nessuna gioia e nessua luce, ma solo durezza, fredezza, tristezza e repulsione, perchè dentro sono completamente spente. Sono spente perchè sono vuote. Sono vuote perchée dentro non c’è nessuna fiamma, nessun amore vero che brucia, ma solo un groviglio repellente d’egoismo e di cupidigia.

Anche noi a contatto con Gesù ci trasformiano; diventiamo luminosi; passiamo dalle tenebre alla luce; diventiamo figli della luce; capaci di spandere luce intorno a noi. Spandere luce significa fare il bene, essere buoni, gentili, caritatevoli, pronti a venire in aiuto a chi è nel bisogno; disposti, a perdonare, a mettere più amore, fraternità, giustizia nella società in cui viviamo; disposti ad essere meno egoisti ; meno centrati su noi stessi; più preoccupati per il bene del nostro prossimo e per il bene e la salute del pianeta in cui viviamo. Diventiamo più  rispettosi degli altri e più attenti e rispettosi della natura e del medio ambiente.

Una a persona è luminosa quando la bontà traspare dal sua viso. Vogliamo essere delle persone luminose, affascinanti, attraenti, con le quali si sta bene, che si vorrebbe sempre avere vicino, la cui presenza ispira simpatia, fiducia, pace e serenità ? Diventiamo come Gesù! Persone centrate su Dio, sull’amore del prossimo; diventiamo delle persone date, aperte, preoccupate del bene e della felicità di chi ci vive accanto. Il successo ed il valore della nostra esistenza consistono non nel chiudersi in noi stessi, ma nell’uscire verso gli altri; non nell’afferrare, ma nel lasciare; non nel tenere, ma nel dare; non nell’accumulare, ma nel condividre; non nell’avere, ma nell’essere. La vita ci è stata data non per tenercela, ma per darla. Chi avrà tenuto per sé la propria vita, la perderà, e chi avrà perduto la propria vita per causa mia, la troverà (Mt 10,39). Se tu, le tue cose, la tua vita, te le tieni strette e solo per te, non sarai nessuno, non sarai di nessuno. Ma se tu ti dai, se tu dai, se tu semini, spandi, diffondi, spartisci, doni con generosità, liberalità, con disinteresse, altruismo ed amore, allora diventerai attrazione, luce e calore per tutti.Tutti ti guarderanno con occhi pieni di riconoscenza e d’amore e tu sarai una persona trasfigurata agli occhi di tutti. Proprio come Gesù  divenne una persona trasfigurata agli occhi dei suoi amici, che lo guardavano con occhi pieni d’ ammirazione, d’affetto, al punto da dirgli: «Signore, come si sta bene in tua compagnia ! Come stiamo bene qui sul monte insieme con te! Noi piantiamo qui tre tende, perché non vogliamo più allontanarci da te ....Signore e da chi andremo? Tu solo ci dici parole che ci aiutano a vivere...!!».

La trasfigurazione vuole essere un richiamo rivolto a noi cristiani e discepoli di Gesù ad entrare in questo movimento di dono di sè che ha caratterizzato la vita del Signore. Gesù è stato un uomo che si è abbandonato totalmente nelle mani di Dio aprendo mente e cuore all’azione del suo Spirito. È stato l’uomo che, grazie appunto a questa sua straordinaria apertura a Dio, è stato capace di darsi totalmente agli altri, specialmente ai più poveri, ai più rifiutati, ai più emarginati, per alleviarne le sofferrenze, per aiutarli  a diventare delle persone più coscienti del loro valore, della loro dignità e della loro grandezza davanti a Dio. Per tutti questi poveri disgraziati, Gesù è stato luce, energia , forza che hanno contribuito a illuminare la loro vita, a tirarli fuori dal loro avvilimento e della loro sfiducia, per propulsarli nel mondo come persone che potevano ormai camminar a testa alta, fiere d’essere quello che erano, fiduciose nei loro mezzi e nelle loro possibilità, ma sopratutto sostenute dall’amore che, grazie all’insegnamento e alla parola di Gesù, sapevano che Dio nutriva verso di loro.



BM


LE BON GRAIN ET L’IVRAIE – NE PAS JUGER

(16e dim. ord. A 2017 – Mt.13, 24-30)

La parabole de bon grain et de l’ivraie est une des plus représentatives de la pensée de Jésus. Ici le prophète de Nazareth cherche à faire comprendre que dans le monde où nous vivons, il est impossible de séparer et de connaître avec certitude ce qui est bon et ce qui est mauvais. Jésus veut donc nous enseigner que l’homme ne possède pas ce pouvoir car cela requiert des connaissances qu’il ne pourra jamais avoir. Adam et Ève ont été chassés de l’Éden parce qu’ils ont voulu s’approprier  de cette prérogative qui est propre à Dieu : avoir la connaissance du bien et du mal et pouvoir juger d’après cette connaissance. Même Dieu, nous dit Jésus, ne fait pas cela et ne juge et ne condamne personne (Jn 5,22; 8,15). Il prend tout, il accepte tout, il tolère et supporte tout. Il laisse cohabiter, vivre, se développer et grandir ensemble le bien et le mal, le bon et le mauvais, le pur et l’impur, le conforme et le non-conforme, le blé et l’ivraie. Il continue à faire lever son soleil et à faire pleuvoir sur les gentils et les méchants ; sur les le justes et les injustes. Il ne s’en fait pas si la bonne semence qu’il a répandue à pleines mains dans le champ du monde n’apporte pas tous les résultats qu’il en espérait, car il sait qu’il est inévitable qu’elle tombe parfois dans les cailloux et les ronces qui peuvent réduire ou empêcher sa croissance.

Jésus se lève ici pour mettre en garde ses disciples contre la tentation du perfectionnisme, du puritanisme et de l’idéologie présentes en tout système humain de pouvoir autant civil que religieux et qui consiste dans la prétention de savoir et donc de sélectionner ce qui est bon et ce qui est mauvais, ce qui est vrai et ce qui est faux et donc de diviser le monde en catégories et en classes distinctes et opposées: nous et les autres. Nous, les bons, les purs, les élus, les fidèles, les sauvés. Nous, du côté de Dieu, de la vérité, de la vertu, de la morale, de la justice, de la Loi, de la vraie religion du bon parti politique.
Et les autres : les mauvais, les méchants, les impurs, les pécheurs, les infidèles, ceux qui ne pensent pas comme nous, qui n’agissent pas comme nous, qui n’ont pas notre culture qui ne sont pas de notre race, de notre clan, de notre religion et qu'il faut par conséquent éloigner, écarter, réduire au silence, exclure, éradiquer de notre terrain comme de mauvaises herbes, car :
-ils nous dérangent ; ils contestent nos croyances, notre religions, notre culture; ils empiètent sur notre espace vital; ils viennent voler nos emplois, consommer nos ressources ;
-ils constituent une menace à notre façon de vivre, à notre sécurité et tranquillité sociale, politique, religieuse et intellectuelle;
- il nous obligent à nous confronter, à nous comparer, à revoir nos habitudes, nos principes, à relativiser et remettre en question des valeurs et des vérités que nous pensions absolues et inaltérables;
- ils déstabilisent nos lois, nos traditions, nos dogmes et nos convictions établies…

À cause de tout cela, on a le droit, au nom de Dieu, de la religion, de la vérité, de la paix, de les combattre et de les extirper, comme une mauvaise herbe qui est venue se planter dans le bon terrain de notre existence.
C’est ce type de raisonnement fait de distorsion psychologique, de peur, d’insécurité, de fanatisme et surtout d’ignorance, qui ont justifié, le long de l’histoire humaine, toutes les aberrations des régimes totalitaires et toutes les horreurs et les atrocités perpétrées au nom d’une idéologie autant politique que religieuse.

Dans chaque système totalitaire, les mauvaises herbes qu’il faut arracher sont presque toujours identifiées à la «différence» d’idées qui produit confrontation et opposition, certes, mais qui est aussi une manifestation d’un élan et d’un désir de liberté. Or, l’idéologie supporte mal la liberté, surtout la liberté de pensée. L’idéologie est réglée et fonctionne sur le principe de la conformité et de l’uniformité totales : un seul chef, un seul pouvoir, une seule idée une seule allégeance. Tout ce qui ne rentre pas dans ce schéma doit être écarté.

Jésus enseigne ici que toute idéologie, tout gouvernement et toute religion qui se croient meilleures que les autres et supérieures aux autres, deviennent nécessairement agressives et dangereuses, car productrices de classes, de différence, d’inégalités et donc de confrontations, d’hostilités.

Dans cette parabole de l’ivraie Jésus veut faire comprendre à ses disciples que dans le monde nouveau qu’ils auront à bâtir , ils ne devront plus jamais chercher à exclure qui que ce soit, comme ils avaient tendance à le faire auparavant; mais que leur tâche consistera désormais à se placer aux coins des rues pour récupérer tout le monde sans distinction, afin que même la canaille puisse trouver une place dans la salle du banquet (Mt.22,8-10; Lc.14,13-21). Il leur enseigne encore ici que le seul mal qu’ils devront désormais chercher à arracher du terrain de leur existence, c’est cette soif de pouvoir qui est la cause de toute souffrance

C’est pour cela que Jésus exhorte ses disciples à toujours s’abstenir de tout jugement. Selon le Nazaréen le jugement est une fonction qui est réservée exclusivement à Dieu et que pourtant Dieu n’exerce jamais, parce qu’elle est toujours remplacée par sa miséricorde. Selon Jésus, l’être humain n’a ni le droit, ni le pouvoir, ni l’autorité, ni la capacité, ni les compétences, ni les connaissances nécessaires pour juger.

Tout jugement est une usurpation de pouvoir et une arrogante présomption de connaître les complexes variations de l’erreur et de la vérité, du bien et du mal dans la société des hommes. C’est pour cela que celui qui s’arroge le pouvoir de juger l’autre, en réalité ne fait que proclamer et manifester l’énormité de son ego, la superficialité de ses connaissances et l’étendue de sa stupidité. L’homme qui juge n’est qu’un psychotique qui s’illusionne sur sa véritable identité. En effet lorsqu’il juge l’autre, il se définit comme le mètre sur lequel il mesure tout le reste. Lorsque il juge, il réfère tout à lui : « Tu n’es pas comme moi; tu n’as pas mes idées; tu n’as pas ma foi , tu n’as pas ma religion ; tu ne crois pas au même Dieu; tu n’agis pas comme moi; tu n’as pas mes coutumes; tu appartiens à un autre parti, à un autre pays; tu es différent; tu n’es pas bon pour moi; tu n’es pas acceptable; tu n’es pas conforme; tu ne me plais pas; je ne pourrais jamais être d’accord avec toi; tu es dans l’erreur, je ne pourrais jamais être ton ami; tu me fais peur, tu me déranges; tu me déstabilises;  tu contestes mes croyances et tout ce qui constitue ma sécurité; tu mets en doute la solidité de la structure du monde auquel j’appartiens, la vérité du scenario surnaturel , religieux et symbolique que j’ai bâti dans ma tête et qui me permet de vivre en paix avec moi-même et avec Dieu ,de qui j’espère un jour mon salut éternel».

Il et évidemment plus facile pour nous de juger l’autre, de l’accuser d’être dangereux, mauvais, infidèle, hérétique, hors norme, plutôt que de mettre en jeu nos propres valeurs, de remettre en question nos propres convictions; plutôt que d’approfondir nos propres connaissances et nos propres croyances, plutôt que de reconsidérer notre posture religieuse et spirituelle et de revoir nos relations avec l’autorité religieuse, ainsi que notre vision du monde et de Dieu.

Pour les personnes qui jugent, il est plus rassurant et moins fatigant d’obéir aveuglement aux impératifs de l’autorité constituée et aux contraintes des dogmes qu’elle impose, que de prendre le risque d’une foi personnelle, adulte, critique et éclairée et d’assumer le dur choix de la liberté de pensée . C’est beaucoup plus rassurant pour notre bigotisme et notre tranquillité de croire sans penser, que de penser au risque de ne plus croire (comme avant).

Une fois que le jugement a été proféré et que l’autre a été reconnu non acceptable, car fautif et coupable, voilà que celui qui l’a jugé peut continuer à vivre en paix, sans rien se reprocher et sans rien changer dans sa vie. En effet, si l’autre a été déclaré dans la faute et l’erreur, le juge peut se glorifier de sa justice et continuer à s’alimenter de ses propres convictions. Le jugement devient ainsi une stratégie de protection et de justification du grain pourri que le juge est devenu. Ainsi, derrière le jugement, il y a autant la présomption d’une toute-puissance effrayante, que la manifestation d’une suprême idiotie.

S’il y a une chose qui attriste aujourd’hui tout catholique de bonne volonté, c’est de constater que son Église s’attribue encore le droit de juger comme étant un pouvoir et une prérogative qui lui viennent directement de son statut d’Institution d’origine divine. Ainsi, le Droit Canon affirme, comme si s’était la chose le plus normale du monde, que l’Église a le droit de juger et « le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants » (can 1311).

Il est difficile pour les chrétiens de notre époque d’oublier que leur Église, pendant des siècles, s’est même dotée, d’un organisme interne non seulement de jugement, mais d’inquisition et de recherche explicite et violente de la déviation, de la dissidence, de la faute et de l’erreur, dans le but de les attacher de force et de les brûler littéralement, comme de mauvaises herbes, dans le feu des bûchers.
Aujourd’hui encore ces vieilles attitudes inquisitoriales continuent, même si d’une façon moins cruelle et moins violente, à faire de nombreuses victimes dans l’Église. Pensons à tous ces penseurs influents, à ces grands théologiens qui au cours des deux derniers siècles ont été évincés par les Sainte Office (le nouveau nom de l’Inquisition) de leurs Facultés et privés du droit d’enseigner . Pensons à tous ces prêtres qui ont été chassée de leur ordre, dégradés, à qui on a défendu la prédication, la célébration des sacrements, le ministère, par le seul fait d’être tombés amoureux d’une femme et de l’avoir mariée. Pensons aux divorcés remariés ; aux personnes homosexuelles vivant ensemble. Pensons aux couples chrétiens non mariés ; aux femmes qui ont avorté ; aux jeunes femmes qui utilisent régulièrement la pilule ou autres moyens de contraception et qui sont étiquetées d’immorales, de vicieuses et de débauchées …

Tout ce vaste monde l’Église catholique le considère malheureusement comme coupable, transgresseur, mauvais, pas bon ; elle juge ces personnes comme étant des pécheurs publiques, des chrétiens de rang inférieur, qu’elle déclare en état de péché mortel et donc en danger de damnation et qu’elle cherche à éloigner des autres fidèles, et qu’elle écarte des sacrements, qu’elle tolère, vers lequel elle autorise à ressentir tout au plus de la pitié, à éprouver de la commisération, à exercer une certaine miséricorde, mais aux représentants duquel on ne peut cependant pas concéder le droit de s’intégrer totalement dans une assemblée eucharistique; de les faire sentir en pleine communion avec leurs frères chrétiens et de leur permettre de manifester cette communion par le geste sacramentel de la manducation du Corps du Seigneur.
Pour l’Église, ces catégories de personnes sont encore et toujours de l’ivraie qu’il faut écarter, éliminer, pour que la bonne graine ne soit pas contaminée et que la pureté de la structure soit préservée.

Je pense qu’aussi longtemps que cette Église continuera à considérer comme normale et sacrée sa structure impériale, basée sur un système de pouvoir totalitaire, concentré dans les mains d’un monarque absolu[i], non seulement elle sera en opposition à l’esprit de l’Évangile et infidèle à la volonté de Celui dont pourtant elle présume être la présence visible en ce monde, mais elle restera esclave des expressions typiques d’un tel régime qui aujourd’hui apparaissent de plus en plus comme incompatibles avec les acquis libérateurs des sciences humaines modernes. Dans le monde du XXIe siècle où le comportement de l’individu et les relations entre les personnes sont désormais régis, inspirés et protégés par d’innombrables lois, déclarations et chartes, garantissant l’inviolabilité absolue de la personne, ainsi que toute sortes de droits, libertés et immunités, une Institution qui prétend encore contrôler la pensée des individus, qui cherche à établir et à imposer les contenus de leurs croyances, les conditions de la moralité de leurs actions , qui s’arroge le droit de juger, au nom de Dieu, des contenus du bien et du mal, de la vérité et de l’erreur… une telle Institution ne peut que dériver inévitablement vers la disqualification et l’insignifiance.

BM





[i] Le Pontife romain au dire du code de Droit Canon « possède dans l’Église le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement ( can , 331 et 332) et contre une sentence ou un décret duquel il n’y a ni appel, ni recours possible ( can 

lundi 26 juin 2017

LA PEUR N’EST PAS ÉVANGELIQUE - N’AYEZ PAS PEUR


(Mt. 10,26-33 - 12e dim. ord. A)

Nous, les humains, sommes des êtres dominés et conduits par la peur. La peur fait de nous des créatures fondamentalement angoissées à cause de la prise de conscience de notre fragilité, de notre vulnérabilité, de notre finitude, du caractère éphémère et transitoire d’une existence vouée inévitablement à la mort. Nous nous sentons continuellement menacés par les éléments et les événements naturels de notre monde, par les hommes et par Dieu.

Et c’est ainsi que nous devenons des personnes (et des nations), qui soupçonnent, qui se méfient , qui ont peur :
             - Peur d’être trompé, arnaqués, escroqués, volés, exploités, abusés, attaqués...
            - Peur de manquer du nécessaire, d’avoir faim, de ne pas pouvoir accumuler assez d’argent pour faire face aux imprévus de l’existence et pour vivre une vie confortable et aisée.
            - Peur de ne pas être assez intelligents, assez rusés et habiles, assez compétents pour nous faire accepter par les membres de notre clan ; pour trouver notre place dans la société ; pour réussir à décrocher un bon travail…
            - Peur de pour ne pas être assez importants, de ne pas avoir assez de moyens et de pouvoir pour s’imposer aux autres, dépasser les autres, concurrencer les autres, soumettre les autres … et ainsi être libérés de la peur des autres.
            - Peur de perdre la forme physique, la jeunesse, la vigueur, la prestance, la beauté, la santé.
- Peur de la vieillesse ; peur de la retraite ; peur de se sentir inutile ; peur de s’ennuyer; peur de perdre la proximité, l’amitié , les attentions, l’intérêt, l’amour des autres…  
            - Peur d’être un jour un poids pour nos enfants ; peur d’être écartés, déconsidérés, de ne plus être pris au sérieux ; peur de perdre la tête, d’être incapables de communiquer ; peur d’être abandonnés, de rester seuls…
           - Aujourd’hui, il a des peurs qui sont suscitées par les situations économiques et politiques de nos sociétés : peur de voir nos économies s’envoler à cause des intérêts dérisoires de nos placements ; peur de l’inflation qui augmente le prix de nos emplettes ; peur de manquer de soins adéquats en cas de maladie, à cause des coupures et de compressions budgétaires de notre Gouvernement, etc.
            - Peur aussi causé par la perspective d’une catastrophe écologique presque inévitable, reliée au réchauffement climatique, à la déprédation insensée des ressources naturelles de la planète.

Si dans le monde animal la peur est un mécanisme naturel de survie qui pousse à se défendre ou à fuir le danger immédiat, dans le monde humain, il n'est pas exagéré de dire que la peur, en devenant angoisse constante, se transforme en  la principale cause de nos souffrances, de nos malheurs et de nos deuils. C’est à cause de cette peur archaïque d’une chasse insuffisante et donc de manquer de nourriture, que les hommes aujourd’hui encore saccagent les ressources naturelles de la planète ; détruisent les écosystèmes nécessaires au maintien de la vie; réchauffent l’atmosphère; perturbent le climat;  contaminent l’air, les océans, les sols; mettent en danger la survie de l’humanité.
C’est à cause de la peur de ne pas être assez importants et de ne pas avoir assez d’influence et de pouvoir que nous devenons des individus intraitables, fermés sur nous-mêmes, égoïstes, mesquins, avides, durs, agressifs, violents, inhumains… À cause de la peur de manquer de moyens, nous en arrivons à manquer d’âme et d’humanité.
C’est à cause de la peur que les hommes font les guerres et tuent; qu’ils menacent les Pays voisins avec des bombes atomiques; que les États dépensent des sommes folles et scandaleuses pour maintenir efficace et redoutable leur force de frappe et d’intimidation, alors que la plus grande partie de la population de la planète combat contre la faim, les maladies, la déchéance et la misère.
C’est à cause de la peur que des peuples entiers cherchent refuge dans d’autres pays, que la paix est partout perturbée et que les relations entre nations et les cultures sont  exacerbées.

            À ces peurs que tout le monde expérimente par le seul fait d’habiter cette planète et d’appartenir à cette humanité, pour nous, les chrétiens s’ajoutent aussi d’autres peurs, souvent bien plus angoissantes, car plus profondes, reliées à nos croyances religieuses.
En effet, pendant des siècles l’Institution religieuse a profité de la naïveté et de l’ignorance des fidèles pour produire de la peur et s’en servir comme instrument de domination et de pouvoir, afin de consolider son emprise sur la conduite et la foi des chrétiens. Et elle a fait cela en s’inventant une fausse image de Dieu calquée sur le modèle humain d’un despote absolu ou d’un souverain-seigneur tout-puissant qui, du haut du ciel dirige les destins de l’humanité sur terre. Il est le garant de l’ordre moral, il intervient, il surveille, il commande, il exige obéissance soumission ; il ne tolère pas la transgression; il se met en colère, condamne et punit les coupables.

Il s’agit alors d’une divinité que les humains doivent amadouer et apprivoiser, en rampant à ses pieds comme des esclaves devant leur maître; en renonçant à leur jugement et en annulant leur personnalité, dans une attitude de crainte, de soumission servile et d’obéissance aveugle à sa volonté. C’est un Dieu qu’il faut faire sortir de sa distance et de son indifférence à nos égards, en achetant son attention et ses faveurs par la  flatterie, la louange, l’adoration, la prière, la supplication, les sacrifices (y compris le sacrifice expiatoire de son Fils, car de sa bienveillance ou non-bienveillance dépend le bonheur ou le malheur, le salut ou la perte éternelle des humains).

Cette peur de Dieu ou cette «crainte de Dieu», élevée à critère d’excellence chrétienne par toute une forme de spiritualité religieuse et ecclésiale, a produit des générations de chrétiens malheureux, névrosés, culpabilisés et terrorisés par le spectre de la sévérité de Dieu, de son jugement final, du péché, de la mort et de l’enfer. Pendant des siècles la peur de Dieu et des affreux châtiments que l’Église assurait qu’il était capable d’infliger aux pécheurs, a transformé autant la vie que la mort d’innombrables générations de bons et pieux chrétiens en un authentique cauchemar.

Comme les compagnies d’assurances cherchent à susciter dans l’esprit des gens la peur de toutes sortes de catastrophes possibles, afin de leur vendre des polices qui les tranquillisent et les rassurent, ainsi fait l’Église avec ses chrétiens.  Elle leur dit : «Dieu est sévère et punit. Vous avez raison de le craindre. En effet, vous êtes faibles devant la tentation, vous êtres persistants dans vos vices et dans vos mauvaises habitudes. Vous êtes enclins au mal et à la transgression. Vous êtes des pécheurs invétérés. Vous risquez donc fortement d’encourir la condamnation et le châtiment de Dieu et de brûler éternellement dans les flammes de l’enfer. Mais heureusement que moi, l’Église, je suis là pour vous sauver ! Dieu est sévère et impitoyable, mais moi je suis plus indulgente et compatissante. Moi je détiens le remède qu’il vous faut ! Moi, je peux vous vendre des bonnes assurances qui vous protégerons contre Dieu et sa justice, si vous devenez des fidèles clients de notre Institution ecclésiale. Notre Église peut vous offrir la police du baptême, de la confession, de l’onction des malades et des mourants, toutes sortes d’indulgences à courte, moyenne et longue durée ; ainsi que d’autres trucs qui vous aiderons à échapper à la colère et au châtiment de Dieu».

Ainsi se comportent les hommes, et ainsi agissent les religions ! Mais dans les Évangiles et le message de Jésus de Nazareth, rien de tel ! 
Dans les Évangiles, jamais Jésus ne cherche à nous faire peur. Au contraire ! Il nous enseigne que nous ne devons avoir peur de rien: ni des choses, ni des hommes, ni de Dieu. Et cela pour deux raisons. Premièrement parce que, selon Jésus, Dieu est une Énergie d’amour et qu’il ne peut donc qu’aimer. Il ne sait faire, pour ainsi dire, autre chose. Il est amour. Sa façon d’être c’est d’aimer. Sa nature c‘est l’amour. Comme le feu qui ne peut que chauffer et brûler. Deuxièmement, parce que nous sommes des êtres plongés en Dieu, habités par Dieu lequel soutient et enveloppe toute notre existence de sa présence et de son amour.

Si nous sommes vraiment convaincus de cela, il ne peut surgir de notre cœur qu’un sentiment de totale sécurité et qu’une attitude de totale confiance et d'abandon, attitude et sentiment qui persistent même à travers la constatation de nos déboires, de nos fautes et de nos méchancetés. Car nous savons que son amour nous est donné et nous est assuré depuis toujours, avant même que nous devenions fautifs et pécheurs et que jamais il ne nous sera retiré ; parce que Dieu ne peut pas se démentir. Le Dieu de Jésus ne peut pas être diffèrent de ce qu’il est. Il est pur amour et seulement amour ; et donc il ne peut pas être ou se transformer pour nous en rancune, en ressentiment, mécontentement, insatisfaction, irritation, colère, vengeance, hostilité.
Pour Jésus penser que Dieu puisse être capable de tels sentiments, est non seulement un blasphème, mais une absurdité.

Quitte à en choquer plusieurs parmi vous, il faut même dire que le Dieu de Jésus ne peut même pas se transformer en pardon envers nous et, qu’en réalité, le Dieu de Jésus ne pardonne, ne réhabilite et ne fait miséricorde à personne. Car ce Dieu ne peut pas être affecté par nos crimes, nos péchés et notre méchanceté. Le pardon de Dieu que nous, pécheurs, expérimentons après l’aveux de nos fautes, ne comporte pas un changement d’attitudes qui surviendrait en Dieu suite à notre regret (auparavant Dieu était fâché contre le pécheur, mais ensuite, touché par le regret de celui-ci, il est disposé à lui accorder à nouveau sa bienveillance et son amitié), mais uniquement un changement d’attitude qui s’opère en nous, les fautifs et les pécheurs qui, après la prise de conscience et le regret de nos erreurs, reconnaissons et réalisons que finalement Dieu n’avait jamais cessé de nous aimer avant, pendant et après nos fautes.

Jamais nous ne devons donc perdre notre confiance en notre valeur foncière de créatures totalement aimées par ce Dieu, car cela signifierait perdre la foi en la fidélité inébranlable de son amour pour nous. Penser que Dieu nous aime parce que nous sommes bons, pieux, vertueux et aimables, c’est la pire erreur que nous puissions commettre, parce que c’est croire que Dieu nous aime à cause de notre bonté et non pas à cause de la sienne. Cela équivaudrait à penser que notre salut vient de nous-mêmes et de nos mérites et non pas de la gratuite d’un Amour qui est là pour nous depuis toujours et avant même que nous soyons venus à l’existence.

Voilà pourquoi dans les évangiles, Jésus cherche continuellement à ouvrir le cœur des hommes à la confiance et il encourage tous ceux et celles qui l’écoutent à se débarrasser de leurs peurs. Ainsi dans le texte de l’évangile que nous venons de proclamer, par trois fois Jésus dit a ses disciples de ne pas avoir peur. Pour Jésus la peur est le boulet que doivent traîner sur la route de la vie ceux qui marchent coupés de la Source de l’Amour qui les habite et les porte. Mais pour ceux qui croient, qui marchent en Dieu, plongés dans son amour, la peur n’existe pas, car ils savent que rien ne pourra les séparer de son amour. Et même si les circonstances historiques de leur vie sont adverses ; même s’ils expérimentent revers, épreuves et souffrance; même s’ils doivent perdre leur vie physique, rien ni personne ne pourra cependant les déposséder de leur Vie véritable, celle qu’ils ont bâtie à l’intérieur de leur âme, à travers l’amour que la présence de Dieu en eux avait déposé dans les profondeurs de leur être et avec lequel ils ont ensemencé le monde au cours de leur passage.


BM